| La foule applaudissant les concurrents au passage. | Le départ au pont National. |
Sous ce titre amusant, et d'ailleurs exact, notre confrère L'Auto avait organisé une épreuve sportive qui s'est «nagée» dimanche dernier entre le pont National et le viaduc d'Auteuil, soit sur une distance d'environ 12 kilomètres. Huit concurrents s'étaient fait inscrire: quatre Anglais, dont le célèbre Holbein, (qui faillit réussir la traversée de la Manche) trois Français: deux pékins et le sergent Poullitou, de l'École de Joinville; enfin, une jeune et fort jolie Australienne de dix-huit ans, miss Kellermann.
Burgess nageant.
Paulus après sa victoire.
Dès 8 heures du matin, les quais et les ponts se couvrent de monde; comme chacun est assuré de trouver une place où voir bien et longtemps à un moment donné, cette foule énorme se distingue par un calme parfait.
Les nageurs, bien que se tenant presque toujours au milieu du fleuve, apparaissent très distincts; ceux meules qui renonceront à la lutte donnent, malgré le froid et le vent, une impression de grande aisance. Miss Kellermann qui, partie la première, tient longtemps la tête, est particulièrement acclamée; au pont de l'Alma, elle est dépassée par Paulus qui, jusqu'à la fin du parcours, étonnera la foule par la régularité et l'élégance de sa nage. Etendu sur le côté gauche, les jambes manoeuvrant toujours sous l'eau, il semble avancer uniquement avec le bras droit qui rame en glissant sur l'eau dans un mouvement de va-et-vient d'un rythme parfait, Paulus arrive premier, en 3 h. 29, battant de plus d'une heure Burgess, Holbein et miss Kellermann. Les quatre autres concurrents, dont les champions anglais Nuttal et Billington, qui semblaient favoris, ont dû abandonner la course. Le Parisien qui vient de conquérir le championnat du monde sur les plus intrépides nageurs d'outre-Manche est un notable commercent, âgé de quarante-quatre ans, père de quatre enfants, dont la célébrité relative commença aux bains Deligny vers 1885. Vainqueur de plusieurs épreuves importantes, il avait renoncé aux courses depuis 1898. Son succès est d'autant plus intéressant que, jusqu'ici, les plus longues courses à la nage n'avaient point dépassé 4 ou 5 kilomètres.
Holbein. Burgess. Le sergent Poullitou.
Après le départ: en pleine eau.