On ignore peut-être, même parmi les médecins, que le Shylock mis en scène par Shakespeare n'a point été une imagination du dramaturge. L'original de Shylock a existé; et c'était un médecin. C'était un juif portugais, du nom de Buy, ou Boderigo Lopez, qui, grâce à son habileté médicale et aussi à son esprit d'intrigue, avait gagné la confiance de la reine Elisabeth. Il se fixa à Londres en 1559 et fut plusieurs années le médecin principal de la reine, jusqu'au moment où il se laissa séduire par la politique. Il fut médecin de l'hôpital Saint-Bartholomew, où il était logé, étant peu payé sans doute, mais ayant su se faire attribuer plusieurs petits profits. Peu estimé de ses confrères qui l'accusaient d'indélicatesses diverses, il sut gagner l'amitié de quelques grands personnages, grâce à qui il obtint de la reine le privilège et le monopole de l'importation de l'anis et du sumac en Angleterre. Ce médecin était en même temps un brocanteur dans l'âme. Harvey a écrit de Lopez: «Ce n'est point un des plus savants, ou des plus experts des médecins de la cour; mais il fait un grand plat de lui-même et a su se faire passer pour le meilleur, et, grâce à des pratiques juives, il a su accumuler une grosse fortune et même se faire quelque réputation auprès de la reine même et de quelques-uns des grands seigneurs et des grandes dames.» Des conspirateurs ayant offert 50.000 couronnes à Lopez pour assassiner la reine et participer à un complot espagnol, la cupidité du médecin fut éveillée; il écouta et discuta la proposition et se compromit assez pour qu'on le mît en prison, le complot ayant été découvert.
Son procès fut instruit, et il fut condamné à mort et exécuté en 1594, à la vive satisfaction de beaucoup de ses contemporains. De leur avis, rien n'était trop odieux pour n'avoir pas été fait par Lopez. Il était capable de tout pour de l'argent: sa réputation, à cet égard, était faite. Aussi a-t-il figuré dans plus d'une pièce, après sa mort. Shakespeare s'en est emparé et en a fait Shylock; Marlowe l'a utilisé dans le Juif de Malte et Faust; Dekker et Middleton l'ont fait figurer dans deux autres pièces. Shakespeare arriva premier: le Marchand de Venise fut joué deux mois après l'exécution de Lopez, alors que l'histoire de celui-ci était encore le thème de toutes les conversations. Lopez était soupçonné d'empoisonnements et l'on savait sa passion pour l'argent.
Il avait, pour avancer ses affaires, feint d'embrasser le christianisme et ne manquait pas une occasion de proclamer la sincérité de sa croyance. C'est à quoi pensait Shakespeare, sans doute, quand Antonio compare Shylock à «une pomme de belle apparence, dont le coeur est pourri».
Un traitement très simple des verrues.
Un médecin anglais, M. J. Burdon Cooper, s'étant mis lui-même au régime de l'eau de chaux pendant une dizaine de jours pour cause de troubles digestifs, fut très agréablement surpris en constatant qu'en même temps que ses troubles digestifs, une verrue avait disparu, contre laquelle il avait, jusque-là, vainement employé les traitements les plus variés. Ce pouvait être une coïncidence, sans doute, mais peut-être aussi y avait-il eu une action du remède. Pour s'assurer de la chose, M. Burdon Cooper s'est mis à traiter à l'eau de chaux tous les sujets porteurs de verrues. Il leur en faisait prendre, chaque jour après déjeuner, un verre, avec un peu de lait. Dans tous les cas, il a obtenu la disparition de la verrue; l'action a pu être plus ou moins rapide, mais elle n'a jamais manqué. En un temps qui avarié de quatre jours à six semaines, la verrue a disparu. Il faut donc un peu de patience à qui entreprend ce traitement: il ne faut pas se décourager si le succès n'est pas immédiat. Avis aux porteurs de verrues.
La mortalité en France depuis vingt ans.
Il résulte d'un tableau dressé par le docteur Imbeaux, d'après les documents statistiques du ministère de l'Intérieur, que l'hygiène s'est grandement améliorée dans les 56 principales villes de France depuis vingt ans.
En 1886, pour l'ensemble de ces villes, la mortalité était de 26,4 décès pour 1.000 habitants. En 1903, elle était tombée à 20,14; et, dans ces chiffres, ceux dus à la fièvre typhoïde avaient diminué de moitié.
A Paris, en particulier, la mortalité a passé, dans ce laps de temps, de 24,5 pour 1.000 habitants à 17,24; et la fièvre typhoïde a diminué de plus d'un quart.
Toutefois, il est encore des villes où les progrès de l'hygiène ne se font pas sentir. En 1903, on a relevé une mortalité de 27,9 à Rouen; de 25,9 à Brest; de 25,3 à Avignon; de 25,1 à Cette; de 25 à Marseille, etc.