C'est Belfort qui détient le record de l'hygiène: la mortalité n'y a été, en 1903, que de 15,7 pour 1.000 habitants. Après Belfort, viennent Douai et Vincennes, avec le chiffre 16.
La bombe de Barcelone.
La bombe de Barcelone.--Le cortège funèbre des victimes
passant sur la place de l'attentat, la Rambla.
Les attentats anarchistes n'ont jamais signifié grand'chose. Le plus récent de tous, qui vient de terrifier Barcelone, en est peut-être aussi le plus incohérent.
C'est le 3 septembre dernier, à 1 h. 30, sur la Rambla, la promenade des fleurs, située au bord de la mer, qu'éclata la bombe. Il passait, à ce moment, des gens inoffensifs, des ouvriers, des enfants, des femmes. La détonation fut si violente qu'elle retentit jusqu'aux extrémités les plus éloignées de la ville. Le déplacement de l'air jeta un cocher à bas de son siège. Et ce fut, naturellement, un sauve-qui-peut général, au milieu d'une panique indescriptible. Suivant les détails que les journaux ont publiés sur cet événement, le nombre des blessés--presque tous cruellement atteints--serait de soixante environ. Deux femmes seulement sont mortes sur le coup. D'après les indications de la police, l'engin, enfermé dans une enveloppe de plâtre, de forme cubique, avait été déposé au pied d'un arbre. On ne croit guère à un complot. L'attentat est plutôt l'oeuvre d'un isolé, ayant agi d'après sa propre impulsion. La police suit des pistes et surveille des blessés.
En attendant l'arrestation du coupable, on a procédé à l'enterrement des victimes. Ces obsèques ont eu lieu le 5 septembre au matin, à 9 heures, au milieu d'une grande affluence de population. Toutes les autorités y assistaient. La famille royale et le gouvernement s'étaient fait représenter. Tout Barcelone suivait le convoi.
Un «Santos-Dumont» américain.
Un nouveau ballon dirigeable a fait, le 20 août dernier, ses débuts à New-York. Il a été construit sous les auspices, avec le concours d'un journal de là-bas, le New-York American, par M. A. Roy-Knabenshue, qui l'a piloté dans les airs. Il rappelle étonnamment--à s'y méprendre--les Santos-Dumont que nous vîmes évoluer à différentes reprises, avec des succès différents, au-dessus de Paris, de Monte-Carlo ou de Trouville: même enveloppe en forme de fuseau et, surtout, même poutre armée à section triangulaire; enfin, comme le dernier, celui de Trouville, hélice à l'avant.
La grande nouveauté que présenta l'American's, ce fut, à sa seconde ascension, le 23 août. Car, ce jour-là, l'aéronaute emportait avec lui cent chèques, variant de 1 à 100 dollars, qu'il lança, du haut des airs, aux badauds qui suivaient ses évolutions. «Tenez les yeux aux ciel et ramassez un des chèques», disait une proclamation, dans le style de Mangin, publiée le matin par notre confrère américain.