Deux observateurs anglais ont recherché quelle action le radium pourrait bien exercer sur des fibres végétales et animales: sur du fil de soie et du fil de coton en particulier. Ils ont exposé un certain nombre de ces fils à l'action du radium, à petite distance, pendant un temps qui a été de quelques jours; et chaque jour, ils ont retiré quelques fils pour en éprouver la résistance à la rupture. Cette expérience a montré que la force du fil va en diminuant de façon évidente et régulière. Pour la soie, la force initiale, avant l'expérience, était de 78 grammes; le fil ne brisait que sous un poids de 78 grammes. Mais, sous l'influence du radium, la résistance diminue chaque jour de 4 grammes environ. La résistance du coton diminue aussi, mais plus vite durant les premiers jours. La résistance initiale étant de 370 grammes, la diminution est d'abord très forte: de 60 grammes par jour. Après quelques jours, elle continue bien à diminuer, mais d'un chiffre moindre. Si, au lieu de faire agir le radium sur des fibres sèches, on le fait agir sur des fibres mouillées, on observe, au contraire, une augmentation de résistance. Mais cette action est temporaire: il ne faut pas compter qu'on pourra, par le radium, renforcer les fils ou les tissus.
L'ÉLEVAGE DES HIRONDELLES EN CAPTIVITÉ.
Une correspondante de la Société d'acclimatation, Mlle L. Reyen, a donné à cette Société quelques renseignements intéressants sur l'élevage en captivité des hirondelles et d'autres oiseaux sauvages de notre région. Mlle Reyen, qui a, à ce sujet, une expérience déjà longue--elle a gardé sept ans une hirondelle de cheminée et dix-sept ans un rossignol--conseille, pour élever les jeunes, une pâtée faite de viande, de biscuits, de graines, bien mélangée et parfaitement séchée. Elle y ajoute des insectes: mouches, cousins, papillons, petits coléoptères, vers de farine, et surtout des araignées.
Les araignées semblent être indispensables aux oiseaux insectivores à qui elles servent de nourriture et de médicament à la fois. L'araignée semble être purgative et dépurative, et il convient d'en donner deux ou trois, au printemps, à l'oiseau captif, pour l'entretenir en bonne santé. Très recommandée encore, la carotte fraîchement râpée. Tous les quinze jours, il convient aussi de faire boire à l'hirondelle de l'eau où macère de la graine de lin. Cette eau convient au rossignol; la fauvette se trouve mieux d'eau miellée. Les hirondelles supportent bien la captivité, à condition qu'on les tienne au chaud en hiver. Elles muent au milieu de la mauvaise saison, mais la crise n'a rien de grave si l'on a soin de les bien nourrir. Mlle Reyen possède depuis treize ans une fauvette à tête noire qui chante fort bien, mais la pauvre petite bête a chaque année une crise de goutte. Or sa protectrice est là qui veille; dès que vient le mal, elle lui administre une liqueur de sa composition qui, très rapidement, dissipe l'accès. Très probablement la goutte est une des conséquences de la captivité: l'oiseau captif a rarement assez d'espace dans sa volière pour pouvoir prendre tout l'exercice dont il a besoin.
L'insensibilisation par les rayons bleus.
Un professeur de la Faculté de médecine de Genève, M. G. Redard, vient de faire connaître un procédé nouveau pour la production de l'anesthésie générale, donnant des résultats aussi complets, et beaucoup moins dangereux, que l'emploi du chloroforme ou de l'éther. Ce procédé est basé sur l'effet des rayons bleus.
On connaissait depuis longtemps l'influence psychique des couleurs fondamentales, et l'on savait que le rouge est excitant, que le jaune porte à la tristesse et que le bleu est d'un effet franchement calmant, avec production d'un sentiment de bien-être.
Or, M. Redard a trouvé qu'en employant les rayons bleus avec une certaine intensité, non seulement on obtient un effet sédatif, mais encore on produit une insensibilisation permettant les opérations chirurgicales de courte durée.
Pour obtenir ce résultat, il suffit d'une lampe électrique de seize bougies, munie d'une ampoule de verre bleu, avec un réflecteur nickelé. Le malade regarde fixement la lampe, à une distance de 15 centimètres, la tête et la lampe étant recouvertes d'un voile bleu pour écarter la lumière diffuse du jour.
Au bout de deux à trois minutes, l'anesthésie est obtenue; ce dont on est averti par une dilatation de la pupille.