Un faîte vertigineux.
Nous constatons chez nous, depuis quelques années, une tendance marquée à bâtir dans les grandes cités, à Paris surtout, des maisons beaucoup plus hautes qu'autrefois; mais, sous ce rapport, la France est encore bien loin d'égaler l'Amérique: nos immeubles à sept ou huit étages ne sont que des jouets lilliputiens auprès de ces constructions gigantesques qui en comptent douze, dix-huit et même davantage. A New-York, par exemple, le Park-Row building, l'édifice privé le plus élevé de la ville, domine tous les autres de son dôme décoré de statues colossales et couronné d'une lanterne au sommet de laquelle flotte un drapeau. S'agit-il de réparer la toiture, de repeindre le mât terminal: après l'ascension à l'intérieur, où ne manquent sans doute ni les ascenseurs ni les échelles, l'ouvrier chargé de ce soin est obligé de se hisser extérieurement jusqu'au faîte et de s'accrocher dans le vide au moyen de cordes. Voilà certes un homme qui doit faire preuve d'une rare agilité de gymnaste, avoir la tête solide et n'être point sujet aux terribles affres du vertige.
Les cailles et la politique extérieure.
L'établissement de l'influence française au Maroc aurait-il une répercussion sur les intérêts des chasseurs français? C'est bien possible et voici comment. La caille est un oiseau migrateur, qui passe l'hiver au Maroc et en Égypte, et qui, en été, monte en Europe et en France particulièrement. Les plus belles sont celles qui viennent du Maroc: celles d'Égypte sont moins grasses, leur long voyage aérien les ayant fatiguées. Mais il n'en vient pas autant qu'il devrait. Ceci tient à ce que des industriels anglais et allemands se rendent en Égypte et au Maroc pour capturer les oiseaux au moment où ils vont prendre leur vol vers le nord. Les cailles, venant de l'intérieur du pays, un peu éprouvées par leur premier vol, se reposent quelques jours. C'est à ce moment que des bandes d'Arabes, payés par les industriels en question, pourchassent les oiseaux, les étourdissent avec des branchages et les prennent vivants pour les expédier aussitôt en Angleterre et en Allemagne en évitant la France où ce trafic est défendu. C'est ce qui fait que nos champs sont privés d'une partie du contingent de cailles qui, autrement, seraient venues nous rendre visite. Si l'influence française devient prépondérante au Maroc, il faudra voir à mettre fin à ce trafic et à empêcher des industriels étrangers de venir, non nous couper l'herbe sous le pied, mais nous retirer la caille au moment où elle allait prendre le chemin de notre bouche. Cela fera l'affaire des chasseurs et aussi du consommateur français. Un prétendu signe de la race mongole.
Chez la plupart des nouveau-nés japonais, on constate, au niveau de la région sacro-coccygienne, une ou plusieurs taches bleues, dont les dimensions varient entre celle d'un petit pois et celle de la paume de la main. Il n'est pas rare d'en trouver également dans la région des épaules. Au bout de quelques mois, ces taches disparaissent.
Considérées d'abord comme propres aux Japonais, ces taches ont été ensuite retrouvées chez d'autres peuples mongols, et on leur attribua alors la valeur d'un caractère de race. Mais voici que plusieurs observateurs contestent cette conclusion.
C'est d'abord M. Adachi, qui a constaté l'existence de cellules pigmentaires spéciales dans la région sacro-coccygienne chez le singe et chez les enfants de toutes races, colorées ou non. Il suffit que ces cellules soient un peu plus abondantes que normalement pour que les taches apparaissent. Et, en effet, M Kocko Fujisawa, à Munich, a retrouvé ces taches chez plusieurs enfants nouveau-nés, dont les familles étaient exemptes de tout mélange mongol.
Il est bon que l'on connaisse l'existence et le caractère passager de ces taches; car le chirurgien pourrait être tenté de les enlever et, à leur place, on provoquerait des cicatrices indélébiles.
Le poids d'un objet change-t-il avec sa température?
Petit problème de physique: un corps quelconque pèse-t-il, chaud, autant, plus, ou moins que le même corps froid? Remarquez que ceci peut avoir de l'importance en physique du globe: l'attraction entre corps, qui se manifeste par la gravitation, pourrait changer et varier. L'idéal serait de pouvoir mesurer cette attraction entre corps identiques à des températures très différentes; mais l'expérience ne peut guère se faire. Alors un physicien anglais, M. Poynting, a procédé autrement. Il a cherché à voir si un corps, pour lequel on a pris la tare à la balance à une température donnée, conserve le même poids à une autre température beaucoup plus basse ou plus élevée. L'expérience est très délicate et demande beaucoup de soins. Elle a montré que le corps solide échauffé à plus de 100° est un peu plus léger que le même corps à 15°. La différence est très faible: 3 millièmes de milligramme pour un solide de 208 grammes de poids. De façon générale, la différence de poids n'est pas même de 1 pour dix puissance dix pour un degré de température de différence. La différence existe, mais elle est infinitésimale. Pendant réchauffement ou le refroidissement du corps en expérience, il se fait des variations (apparentes) de poids assez considérables; mais ceci est éphémère: le corps échauffé qui d'abord semble perdre une proportion assez importante de son poids en récupère la plus grande partie et se montre, une fois échauffé, n'avoir qu'un poids très légèrement inférieur à celui qu'il avait à basse température.