Arcade monumentale inaugurée, à Bruxelles, par le roi Léopold, le 27 septembre.

Une partie des échafaudages pendant la construction
de l'arcade monumentale.

A l'extrémité de la rue de la Loi, à Bruxelles, et à l'entrée de l'admirable avenue qui conduit au domaine royal de Tervueren, s'élève un ensemble de constructions qui abritent le palais ou musée du Cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique. Ce palais présente, en façade vers la capitale, deux colonnades en hémicycle que devait relier et compléter, au centre, un motif décoratif, à la fois arc de triomphe et porte de ville.

Au printemps de 1904, le roi Léopold conçut le dessein de faire achever le monument, à l'occasion du 75e anniversaire de l'indépendance, qui tombait, comme on sait, cette année, et d'en faire don à sa capitale.

Il appela un architecte français dont il n'est pas besoin, pensons-nous, de refaire ici l'éloge: M. Charles Girault, le bâtisseur de ce gracieux et spirituel Petit Palais des Champs-Elysées. Et il ne lui imposait qu'une condition: être prêt pour l'anniversaire. Il s'agissait de construire, en dix-huit mois, un monument de 20 mètres de profondeur, 45 mètres de hauteur et 60 mètres de façade--soit 20 de plus que l'Arc de l'Étoile. Combien eussent reculé devant cette tâche!

M. Girault se mit à l'oeuvre. En avril 1904, il attaquait les projets. La rapidité avec laquelle il a mis debout cet arc énorme tient du prodige. Il serait injuste, d'ailleurs, de n'en pas reporter une partie de l'honneur à l'entrepreneur, M. Wouten-Dousten, de Bruxelles, qui lui a été le plus précieux des collaborateurs.

M. Girault. Léopold II. Les sculpteurs.
Le jour de l'inauguration: le roi Léopold, l'architecte,
M. Girault, et le groupe des sculpteurs qui ont
collaboré à la décoration du monument.