Du côté de Kratt, en particulier, la frontière devait, d'après le traité, être formée par une rivière dénommée Klong-Dja, qui, en réalité, se réduit à un ruisseau nommé Klong-Chê, extrêmement étroit et qui est à sec pendant huit mois de l'année, sauf dans le voisinage de l'embouchure. La frontière a été reportée jusqu'aux rives du grand fleuve qui arrose toute la région de Kratt, le Klong-Yaï.

D'autre part, le mouillage des grands navires, situé entre l'île de Koh-Chang et le cap Lem-Ling, ne pouvait présenter de sécurité, au point de vue militaire, que si le gouvernement siamois consentait à une cession additionnelle de territoire au nord du cap Lem-Ling. De ce côté encore, la frontière a été reportée jusqu'à l'estuaire de Packnam-Ven, large de 3.000 mètres, profond de 6 à 8, et qui deviendra un port de cabotage de premier ordre le jour où les passes qui y conduisent auront été approfondies ou balisées.

Les districts que nous venons d'acquérir sont, nous l'avons dit, très peu peuplés. On ne trouve d'agglomérations de quelque importance que dans le voisinage du Grand Lac ou dans les environs mêmes de Kratt. Kratt est un très gros village, peuplé de 12.000 à 15.000 habitants, mais où se fait un commerce assez important. Il y a un assez grand nombre de marchands chinois qui s'occupent principalement du commerce des cotonnades et du commerce du poivre. Le sol, très fertile, est couvert d'une forêt très épaisse, presque inextricable, qui a rendu les opérations topographiques particulièrement difficiles. On ne peut dire que notre nouvelle acquisition nous apporte, en dehors du mouillage de Koh-Chang et du port de Packnam-Ven, des richesses importantes, mais il y a là des terres riches, en bordure le long de la mer, adossées à de magnifiques montagnes et dont l'avenir n'est pas douteux. Il faut attendre toutefois que, grâce à la paix que nous saurons faire régner, grâce à une organisation médicale qui s'impose, à un régime fiscal approprié, la zone frontière se repeuplé. Il dépend de nous et de notre administration que cet avenir se réalise dans un délai assez bref.

Le convoi de la commission française dans une clairière de la forêt.

A Dakar.--Savorgnan de Brazza sur son lit de mort.

M. Binger. Mme de Brazza. M. Ph. de Brazza.
A Marseille.--La veuve de M. de Brazza traversant les docks, à sa descente du paquebot.
A Marseille.--Le cercueil transporté, du paquebot à la chapelle ardente sur le quai. M. Chanot, maire. M. Mastier, préfet. Général Hambel.
A Marseille.--Les autorités se rendant à la chapelle ardente.