Sous bois, le passage de leurs autos faisait se lever et fuir du gibier qu'ils pouvaient parfois tirer en marche. Et leurs chasses furent des plus fructueuses. Leur plus beau coup de fusil descendit un caribou,--un caribou, ô René --un renne superbe qui fut prestement chargé sur l'une des machines.

Enfin ils arrivèrent à un village dont les habitants parlaient une langue d'eux cinq inconnue: un pur français du dix-septième siècle. Là, une personne entendant quelques mots seulement d'anglais était une rareté. Ils supposèrent qu'il en devait être ainsi dans toute la contrée, occupée par de purs Canadiens français. Ils appréhendèrent de poursuivre plus loin leur voyage dans ces conditions, ce qui tendrait à prouver qu'ils étaient moins certains de pouvoir se passer de tout concours étranger qu'ils ne le voulaient bien dire. Ils avaient traversé crânement la forêt enflammée de Patten. Ils redoutèrent de s'aventurer en pays franc. «Autant, disait au retour M. Ezra H. Fitch à un interviewer, autant eût valu voyager en Normandie!»

Et ils rebroussèrent chemin vers la frontière des États-Unis, qu'ils traversèrent près du fort Kent, puis vers le Nouveau-Brunswick, où ils poussèrent une pointe avant de regagner Portland--enchantés.

EN AUTOMOBILE A TRAVERS L'ÉTAT DU MAINE ET LE CANADA
1. Passage d'une rivière en bac.--2. Le campement dans une clairière.--
3. Repas sous la tente.--4. Passage d'une rivière à gué.

La veuve du général, son fils et d'autres membres de la famille Kondratenko,
près du cercueil du héros de Port-Arthur, sur le pont du Munchen.