Le général Kondratenko, qui paraît bien avoir été, plus qu'aucun autre, l'organisateur intelligent et fertile en ressources de la défense de Port-Arthur, et dont la mort glorieuse, aux derniers jours du siège, a été pour la citadelle investie une perte irréparable, va reposer en terre russe: le 1er octobre, le steamer allemand Munchen ramenait à Odessa sa dépouille mortelle.

Sur le pont du navire, où étaient réunis autour de Mme Kondratenko, la veuve du général, et de ses enfants, de nombreux officiers, son cercueil fut en un moment couvert de couronnes. Et ce furent d'anciens combattants de Port-Arthur, d'anciens compagnons d'armes de Kondratenko, qui lui rendirent les derniers devoirs, le portèrent quand il fut besoin, montèrent la garde autour de lui.

Le corps du général a été transporté à Saint-Pétersbourg, où de solennelles obsèques lui furent faites.

A Odessa: le cortège funèbre s'organisant à bord du Munchen et sur le quai.
--Photographies Poudichef
LE RETOUR EN RUSSIE DES RESTES DE KONDRATENKO, TUÉ A PORT-ARTHUR

[(Agrandissement)]
Le prince Worontzof-Dachkof. Photographie Bulla.
LE PRINCE WORONTZOF-DACHKOF, VICE-ROI DU CAUCASE, VISITANT LES RUINES DE BALAKHANY

Au prince Worontzof-Dachkof, vice-roi du Caucase, revient l'honneur d'avoir ramené à Bakou une paix qu'on voudrait croire durable. C'est lui qui a réconcilié Arméniens et Tatars,--au prix de quelles objurgations! Dans sa calèche basse, entouré d'une petite escorte de cosaques, on le voyait aller parmi les débris écroulés des maisons, les ruines des usines, amas de pierres calcinées, de cendres, d'où émergeaient de place en place les restes de quelque formidable machine, des roues, des pignons, des volants, des tuyaux, tout cela tordu, déformé, oxydé, tacheté par les flammes de rouilles superbes. Mais l'émeute, éteinte à Bakou, se rallume en d'autres points du Caucase: à Tiflis, neuf bombes, dans la même journée, ont éclaté, et il va falloir, sans doute, au prince Worontzof-Dachkof, reprendre quelque jour par là ses périlleuses promenades.

LIVRES NOUVEAUX

Le premier grand roman de la saison «l'Indocile», par M. Edouard Rod (1).