Un remède intéressant aussi, qui est le chanvre indien. Il convient particulièrement dans les cas de migraine continue ou subcontinue. Le Cannabis indica se prend sous forme d'extrait; en pilules, matin et soir: dose, de 15 milligrammes à 3 centigrammes. Si cette dose n'agit pas, on peut, au bout de huit ou quinze jours, prendre 3 centigrammes le matin et 6 centigrammes le soir; et même 6 centigrammes le matin et autant le soir. Le chanvre indien a donné d'excellents résultats, et l'on peut en user fort longtemps. Un médecin en a pris une pilule de 15 milligrammes chaque soir pendant dix-huit mois de suite. Le mieux est d'user du médicament selon les indications fournies par les sensations: pour commencer, il est bon toutefois d'agir de façon continue, une pilule de 15 milligrammes, une fois par jour, le soir, pendant un an; en doublant la dose pendant quinze jours par mois si nécessaire. On fera bien d'ajouter au régime du chanvre indien la douche chaude: douche à 38° ou 40°, chaque jour, par séries de un ou deux mois. Naturellement, on cherchera aussi quels troubles fonctionnels accompagnent la migraine, pour y porter remède, troubles du foie, de l'estomac, des reins, de la matrice, du nez, des yeux, etc.; on cherchera à distinguer les causes provocatrices des accès de migraine, pour les écarter: température, vent, air vicié, etc. Enfin, une cure dans une station antiarthritique peut rendre les plus grands services.
Entrée de la rade de Sébastopol (vue prise de Malakoff) d'après la photographie parue dans notre dernier numéro. Au fond, la presqu'île portant le fort du Nord et se terminant, à gauche, par le fort Constantin. Au-dessus du fort Constantin, le fort Nicolas, qui ferme avec ce dernier l'entrée de la rade et, avec le fort Paul, l'entrée du port Sud. Au centre, les docks compris entre les casernes et le faubourg de Karbelna'a.
Le cinquantenaire de Sébastopol.
Nous donnions, la semaine dernière, à l'occasion du cinquantenaire du siège de Sébastopol, de très intéressantes photographies de la place forte, prises après la victoire des alliés et montrant les dégâts occasionnés par leurs projectiles. On sait, d'autre part, que ce fait d'armes a été commémoré par trois toiles fameuses du grand peintre militaire Adolphe Yvon, qui sont au musée de Versailles. Un de nos amis, qui connaît bien l'oeuvre d'Yvon, nous fait remarquer que l'un des clichés reproduits par nous donne exactement le fond même du tableau intitulé la Gorge de Malakoff. En effet, dans la composition magistrale d'Adolphe Yvon, on peut reconnaître distinctement, à travers la fumée et la poussière de la mêlée, les deux ouvrages avancés de Sébastopol du côté de la mer, le fort Constantin et le fort Nicolas tout au loin, terminant les deux promontoires; puis, en avant, ce haut échafaudage de charpente, qui portait sans doute un feu; les docks un peu plus près. Il n'est pas jusqu'à cette maison du plan moyen, éventrée à l'angle, qui ne soit aisément reconnaissable dans la toile. Et ainsi on peut juger de la haute conscience du peintre, du souci de vérité qui le guida toujours, et se rendre compte que, pour les artistes probes, le réalisme, au meilleur sens du mot, fut de tous les temps à la mode.
La chèvre comme agent de propagation de maladie.
On sait qu'il existe dans la région de la Méditerranée une affection fébrile qui porte le nom de fièvre de Malte. Cette fièvre existe un peu partout dans le bassin de la mer Intérieure, et l'on était si peu renseigné sur ses causes, en même temps que préoccupé de son développement et de ses dangers, que le gouvernement anglais a nommé une commission spécialement chargée d'étudier ce problème. Cette commission vient justement de publier une brochure importante --la troisième de la série--et il semble que les commissaires aient mis la main sur un fait de grande importance. Ils paraissent avoir découvert le mode de propagation du mal, qui, jusqu'ici, restait absolument inconnu.
C'est un peu par hasard. Ils s'étaient demandé si la chèvre--animal très abondant à Malte--peut prendre la maladie, et s'étaient procuré six chèvres de deux troupeaux différents. Avant d'inoculer le micrococcus militensis, le microbe de la fièvre de Malte, ils eurent l'idée de voir quelle action le sérum du sang de chèvre exerce sur ce microbe. Ils constataient aussitôt le phénomène de l'agglutination des microbes par le sérum, preuve à peu près certaine ou bien que les chèvres avaient eu la fièvre de Malte, ou qu'elles y sont réfractaires.
Ceci les amena à étudier les chèvres au point de vue bactériologique, et ils ont constaté que, chez cet animal, on trouve communément le microbe spécifique de la fièvre de Malte en abondance dans les urines et dans le lait. Dans tous les troupeaux on a trouvé des chèvres présentant le microbe, et souvent en quantités énormes.
De ceci on conclut que la chèvre doit être un des agents de transmission de la fièvre de Malte les plus puissants. La chèvre est extrêmement abondante à Malte; on la trouve partout, en ville et à la campagne; vivant au voisinage de l'homme, elle a toutes facilités pour lui communiquer son mal.