Chose curieuse, il semble que la fièvre de Malte doive être considérée comme une maladie de chèvre qui peut se propager à l'homme; mais une maladie de chèvre qui ne provoque pas de symptômes bien définis chez celle-ci et qui ne paraît pas l'incommoder, mais qui, par contre, incommode fort l'homme. Si la chèvre doit être considérée comme la principale, peut-être l'unique source de la fièvre de Malte, il ne reste plus qu'à isoler et traiter les bêtes atteintes et, surtout, à proscrire absolument l'usage du lait de chèvre cru. Le lait doit être bouilli: le plus infecté devient, par l'ébullition, parfaitement inoffensif.
Si les faits annoncés par les bactériologistes se confirment--et il faut reconnaître que leur argumentation se tient très bien--ils auront rendu un service important à l'hygiène du bassin méditerranéen.
La gorge de Malakoff (8 septembre 1855), d'après le tableau d'Adolphe Yvon, au musée de Versailles.--Phot. Braun, Clément et Cie.
Au fond du tableau, à gauche, l'entrée de la rade de Sébastopol, que le peintre d'histoire Adolphe Yvon, spectateur de la prise de Malakoff, a scrupuleusement reproduite, ainsi que le montre la comparaison avec le document photographique ci-dessus.
LE PRINCE DE BULGARIE A PARIS
Paris va compter un hôte de marque» qui, bien que ne portant ni le titre de roi, ni celui d'empereur, n'en a pas moins qualité de souverain: le prince régnant de Bulgarie.
Fils du prince Auguste de Saxe-Cobourg et de la princesse Clémentine d'Orléans, Ferdinand Ier, aujourd'hui âgé de quarante-quatre ans, est, par sa mère, le petit-fils du roi Louis-Philippe. De son mariage avec la princesse Marie-Louise de Bourbon-Parme, morte en 1899, après six années d'union, il a quatre enfants: les princes Boris et Cyrille, les princesses Eudoxie et Nadejda.
N'ayant jamais oublié qu'un sang français coule dans ses veines, il aime beaucoup la France; depuis dix-huit ans qu'il est chef d'État, il y est fréquemment venu, plus ou moins incognito, et nombre de Parisiens n'ont pas besoin de son portrait pour connaître sa physionomie. Mais, cette fois, c'est officiellement qu'il accomplit le voyage, motivé, dit-on, par de hauts intérêts diplomatiques, et c'est avec tous les honneurs dus à son rang qu'il sera reçu à l'Elysée par le président de la République.
Le prince Ferdinand doit arriver à Paris lundi prochain, 16 octobre, et y séjourner trois journées pleines, dont la direction du protocole a réglé méticuleusement l'emploi.