Les divers procédés suggérés de temps à autre pour purifier la fumée de tabac présentent généralement deux points communs: ils ont la prétention d'enlever au tabac tous ses principes nocifs et ils exigent une cuisine plus ou moins compliquée.

Un chimiste allemand, moins absolu que ses précurseurs, propose une solution d'une extrême simplicité: elle consiste à placer, soit dans le tuyau de la pipe, soit dans le fume-cigare ou fume-cigarette, un petit tampon d'ouate imbibé de perchlorure de: fer. D'une longue série d'expériences, M. Thoms se croit autorisé à conclure que cette filtration élimine totalement l'hydrogène sulfuré et l'huile essentielle empyreumatique; et, pour la plus grande partie, la nicotine et ses produits de décomposition, l'acide cyanhydrique et l'ammoniaque. On ne saurait, ajoute-t-il, éliminer toute la nocivité sans éliminer le plaisir.

La vapeur du perchlorure n'est pas vénéneuse, et, comme elle n'est pas entraînée; par la fumée filtrée, il semble qu'elle ne doive pas influer sérieusement sur l'arôme! Sur ce point, toutefois, le chimiste a l'esprit de décliner sa compétence et de s'en rapporter à celle des fumeurs.

Une explosion d'acétylène.

Un grave accident a mis dernièrement en émoi la ville de Montélimar, dans des circonstances qu'il est intéressant de signaler.

Villa écornée par une explosion
d'acétylène à Montélimar.

M. Brun, pharmacien-chimiste, propriétaire d'une superbe villa, de construction récente et dont les travaux sont à peine achevés, y avait installé un appareil à acétylène, fonctionnant de manière à ne laisser dégager le gaz qu'au fur et à mesure de la consommation. Le 9 octobre, il essayait un chauffe-bains, avec le constructeur de cet appareil, lorsque, partant des sous-sols, une explosion se produisit, accompagnée d'une formidable détonation, entendue à plusieurs kilomètres de distance. En même temps, les persiennes et volets, réduits en miettes, étaient projetés au loin, les planchers s'effondraient, leurs poutrelles en fer tordues comme des brins de paille. Tout un angle du bâtiment s'était écroulé, et telle avait été la violence de la répercussion qu'il ne restait plus trace de vitres aux fenêtres des habitations voisines.

On n'a eu, heureusement, aucun accident de personne à déplorer; mais, si le sinistre était advenu quarante-huit heures plus tard, la famille de M. Brun et les domestiques eussent été ensevelis sous les décombres.

Quant aux dégâts matériels, ils sont considérables, et l'on peut les évaluer au moins à une centaine de mille francs; car, sans compter la partie de la maison entièrement détruite, la partie demeurée debout est lézardée et atteinte dans ses oeuvres vives.