Le Palais Royal de Madrid, où logera M. Loubet, date, du dix-huitième siècle; il a remplacé le palais incendié en 1734 et qui avait succédé à l'Alcazar des Maures. Il est bâti, comme l'Escurial, sur une hauteur dominant la capitale et la plaine où coule... parfois le Manzanarès. Entièrement construit en granit, avec des motifs décoratifs en une pierre spéciale imitant le marbre, flanqué de tours aux quatre angles, il séduit moins par les détails de son architecture que par la régulière ordonnance de ses lignes.
On l'a édifié sur les plans d'un architecte de Turin, et la décoration intérieure, en général fort riche, accuse souvent l'influence du goût italien.
Dans la salle du Trône où quatre lions en bronze doré gardent le souverain, de magnifiques lustres en cristal de roche avec monture en argent pendent d'un plafond peint par Tiepolo; par contre, dans la salle de Girardini, brille un plafond en porcelaine à dessins japonais de l'ancienne manufacture espagnole de Buen-Retiro. La salle des Fêtes présente cette particularité peu banale que les murs, le plafond et le parquet sont en bronze et en marbre de différentes couleurs. Les appartements contiennent un grand nombre de pendules, collectionnées par Ferdinand VII (1814-1833); et, des fenêtres, le regard embrasse, avec une grande partie de la ville, la plaine déserte fermée par la Sierra de Guadarrama, sur laquelle on voit se profiler, à une quarantaine de kilomètres de distance, la silhouette de l'Escurial.
LE PALAIS ROYAL DE MADRID.--La salle du Trône.
[(Agrandissement)]
Nelson blessé mortellement sur le pont du Victory.
--Fresque de D. Maclise, au palais de Westminster.
LE CENTENAIRE DE TRAFALGAR
L'Illustration, rappelant l'autre jour le cinquantenaire du siège de Sébastopol, montrait comment les souvenirs de la guerre de 1855 en Crimée n'avaient pas empêché l'éclosion de l'alliance franco-russe. Les Anglais, qui célèbrent aujourd'hui le centenaire de Trafalgar veulent, de leur côté, que cette commémoration ne trouble pas le développement de l'entente cordiale entre la France et l'Angleterre. Ils nous informent que le chant de la Marseillaise alternera avec le God save the King; l'hymne des vaincus répondra, dans les fêtes et les cérémonies officielles, à l'hymne des vainqueurs. Cet hommage délicat du patriotisme britannique à ses anciens adversaires, la France, pays de la courtoisie et des traditions chevaleresques, saura l'apprécier. Ces sentiments des Anglais d'aujourd'hui revêtent même un caractère tout particulier, si l'on consent à examiner l'importance prédominante, unique, en quelque sorte, de Trafalgar dans l'histoire anglaise.