Une partie de la journée de samedi doit être consacrée à une excursion à Cintra, petite ville située à 28 kilomètres de Lisbonne. Ce lieu singulièrement favorisé, que Byron, en une description enthousiaste, a qualifié de «nouvel Eden», possède deux résidences royales d'été, remarquables par leur caractère architectural: le château mauresque et le castello da Pena. M. Loubet déjeunera dans l'un et visitera l'autre.

Le château da Pena, construit vers 1850 dans le style des châteaux forts du moyen âge, s'élève au sommet d'un rocher que couronnait autrefois un couvent fondé au seizième siècle et servant de lieu de pénitence pour les moines de Belem. De la grande coupole, on a une vue admirable sur l'Océan, la province d'Estramadure et la plaine du Tage. Tout le versant de la montagne a été transformé en un parc luxuriant où abondent les camélias et les rhododendrons.

Le château royal da Pena, à Cintra, visité par M. Loubet le 28 octobre.
LE VOYAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE: EN PORTUGAL

LE PRINCE DE BULGARIE AU CREUSOT
Le prince Ferdinand assiste à la coulée de l'acier d'un canon de marine
dans la grande fosse des fours Martin.

Dessin d'après nature de notre envoyé spécial.

Le prince Ferdinand de Bulgarie a profité de son voyage en France pour aller visiter les usines du Creusot, auxquelles il a confié d'importantes commandes d'artillerie. Parti de Paris le jeudi 19 octobre, par un train spécial qu'avait commandé M. Schneider, le prince a été pendant quatre jours, avec sa suite, l'hôte du directeur du Creusot. M. Schneider s'est empressé, avec une bonne grâce que son hôte a paru hautement apprécier, pour lui rendre ce séjour aussi agréable que possible, et, notamment, assisté de quelques-uns de ses chefs de service, l'a initié à tous les travaux qui s'exécutent dans la formidable cité industrielle, le guidant à travers les ateliers, les halls, au polygone, etc.

Laminage, puddlage, forgeage, ajustage, tirs, le prince a tout vu et s'est intéressé à tout. Mais un spectacle paraît l'avoir vivement impressionné, c'est celui qui lui fut offert, le vendredi soir, au service des aciéries, où, en sa présence, on coula, à la grande fosse des fours Martin, un lingot cylindrique d'acier de 720 millimètres de diamètre, d'un poids approximatif de 18.750 kilogrammes, destiné à la fabrication d'éléments de canons de 164mm,7 pour la marine française. Penché vers la fosse d'où rayonnait une rougeoyante lueur, le prince Ferdinand suivit avec la plus vive attention toutes les péripéties de l'opération, et s'émerveilla de sa précision comme de sa beauté.

Le Lebaudy, ayant à bord la commission militaire des
essais, évolue au-dessus de Toul, le 24 octobre.