Le Lebaudy, vu de l'arrière, dans le manège militaire de Toul, transformé en aérodrome.

M. Berteaux, ministre de la Guerre, montant à bord du dirigeable. Nous signalions récemment l'installation du dirigeable Lebaudy à Toul. On l'y a logé dans un des manèges du 39e d'artillerie, dont on a dû abattre le mur de fond et surtout creuser profondément le sol, afin de remédier à l'insuffisance de hauteur.

Le Lebaudy a effectué depuis, tout autour de la place forte de Toul, et sous le contrôle de l'autorité militaire, des expériences qui ont admirablement réussi. Mardi dernier, M. Berteaux, ministre de la Guerre--qui avait déjà été témoin d'une des ascensions du dirigeable--a tenu à se rendre compte par lui-même des conditions dans lesquelles il fonctionnait. Et, en compagnie du commandant Gossart, son officier d'ordonnance, il a pris place dans la nacelle pour effectuer, sous la direction de M. Juchmès, le pilote habituel du Lebaudy, une reconnaissance circulaire de la place.

LES EXPÉRIENCES DU DIRIGEABLE MILITAIRE «LEBAUDY», A TOUL

LES CONSEILLERS MUNICIPAUX PARISIENS A LONDRES
Le banquet de Mansion house: M. Brousse, président du Conseil municipal de Paris,
debout à la gauche du lord-maire, prononce son toast.

Répondant à une invitation du County Council (Conseil de comté) de Londres, soixante des quatre-vingts membres du Conseil municipal de Paris, ayant à leur tête M. Paul Brousse, président de cette assemblée, sont allés passer une semaine dans la capitale anglaise, où ils ont rencontré le plus sympathique accueil. Pendant ce séjour, les réceptions, inaugurées le 17 octobre par leur présentation au roi, à Buckingham Palace, les fêtes, les promenades organisées en l'honneur des visiteurs, se succédèrent sans interruption. Une des solennités officielles les plus importantes du programme fut le banquet offert à la délégation par le lord-maire, sir John Pound, assisté des shérifs de la Cité, et qui, à une heure de l'après-midi, ne réunissait pas moins de trois cents invités dans la grande salle de Mansion house. Sir John Pound avait à sa droite M. Paul Cambon, ambassadeur de France; à sa gauche, M. Brousse; on remarquait en outre, parmi les convives de marque: M. Cornwall, président du County Council, dont les membres étaient également présents; l'évêque de Londres; lord Cheylesmore, maire de la cité de Westminster, etc. Au dessert, des toasts chaleureux confirmèrent 1'«entente cordiale».

LIVRES NOUVEAUX

«Jules Michelet»

Il y a quelques mois paraissait un livre: le Moine Guibert, signé Bernard Monod. Celui-là, hélas! qui l'avait écrit, venait de disparaître en pleine jeunesse, laissant à tous ses amis le souvenir d'une conscience ferme, d'un esprit admirablement doué pour les études historiques. A la suite de cette catastrophe, M. Gabriel Monod s'est de plus en plus réfugié dans l'étude et dans la communion avec les deux morts illustres, Michelet et Mme Michelet, dont il possède les papiers.

Son oeuvre, qui a pour titre: Jules Michelet (Hachette, 3 fr. 50), pourrait fort bien s'appeler: les Amours de Michelet. La vie de l'historien, en effet, fut tout passion. Qu'adora-t-il d'abord? L'Italie qui, avec Virgile et Vico, avait le plus contribué à sa formation intellectuelle. Si familier lui était l'harmonieux et sensible poète latin que, si tous les exemplaires de Virgile avaient disparu de la planète, il eût pu aisément en reconstituer le texte. Ce n'était pas seulement son âme qui devait beaucoup à l'Italie; à plusieurs reprises il était allé dans la terre classique et lumineuse pour y refaire sa santé. Chaque fois il en était revenu plus fort. S'il aima tendrement la brune et saine Italie et s'il désira son unité, peut-être ne lui rendit-on pas toujours là-bas toute sa flamme et répondit-on parfois d'une façon un peu évasive à quelques-unes de ses demandes. Le ministre Amari lui refusa, avec toutes sortes de protestations admiratives toutefois, un poste pour Challemel-Lacour.