MONSEIGNEUR LANUSSE

Mgr Lanusse.

Mgr Lanusse, aumônier de l'École de Saint-Cyr, vient de s'éteindre à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Né à Tonneins, il avait reçu les ordres au sortir du séminaire d'Agen; l'an dernier, il célébrait le soixantième anniversaire de son sacerdoce. C'est en qualité d'aumônier militaire qu'il remplit la majeure partie de sa longue carrière, conciliant ainsi avec la vocation ecclésiastique le culte des traditions d'une famille où l'on comptait nombre de vaillants officiers, entre autres un général, compagnon de Bonaparte en Égypte.

C'était une figure éminemment sympathique et quasi populaire que ce vénérable prêtre dont on remarquait, dans les cérémonies patriotiques, la physionomie empreinte d'une bonté agissante, l'allure martiale, la poitrine constellée de décorations, parmi lesquelles la croix d'officier de la Légion d'honneur. Le pape, enfin, avait comblé ses voeux en lui conférant la dignité de prélat romain, qui lui donnait droit au titre de «monseigneur».

LES THÉÂTRES

Le Gymnase nous a donné cette semaine la nouvelle oeuvre attendue de M. Henry Bernstein: la Rafale. C'est un drame bref et violent, en trois actes, presque une tragédie, très moderne, bien entendu. L'amour et le jeu en constituent les ressorts. La force et l'âpreté du dialogue, la logique des situations, ont fait acclamer cette pièce, et aussi le mouvement et la vie que tous les interprètes ont donnés à leurs personnages: Mme Le Bargy, extraordinaire de passion, et MM. Dumény, Gémier et Burguet. Au total, un grand succès. Le texte complet de la Rafale formera l'un de nos prochains suppléments de théâtre.

Le nouveau spectacle des Nouveautés: Florette et Patapon, trois actes de MM. Maurice Hennequin et Pierre Weber, est un des plus réjouissants qui se puissent voir. C'est un imbroglio, d'une analyse presque impossible, de scènes conjugales burlesques qui tendent à démontrer la fragilité des liens du mariage: le sujet manque peut-être de nouveauté, mais les auteurs, aidés d'une interprétation excellente, le rajeunissent par l'abondance de détails comiques qui sont bien de leur invention.

Signalons la réouverture du Grand-Guignol et celle de l'ex-Bodinière sous le titre de Nouvelle-Comédie. Ces deux théâtricules offrent des spectacles coupés, composés de pièces d'un dramatique poussé parfois jusqu'à l'horrible, ou d'un comique qui va jusqu'à la farce. Et cela ne semble pas déplaire aux amateurs d'émotions vives et contradictoires.