Les bureaux du journal Novosti Dnia gardés par la police. Les bureaux du journal Rouski Listok gardés par les cosaques.

PENDANT LA GRÈVE DES TYPOGRAPHES A MOSCOU

LA RUSSIE SANS JOURNAUX

Les typographes, les imprimeurs, tous les travailleurs qui concourent à la confection matérielle des journaux ont été des premiers à entrer dans les vues des meneurs de la révolution russe qui poussaient à la grève générale comme au sûr moyen d'obtenir les réformes politiques demandées. Quelques-uns ont bien cherché à résister à ce mouvement, ont voulu continuer le travail, sous la protection de la gendarmerie ou des cosaques. C'est ainsi que certaines imprimeries de Moscou, celles des Novosti Dnia et du Rouski Listok, par exemple, ont continué à fonctionner pendant quelques jours sous la protection de la force armée. Mais la plupart des grandes villes de l'empire, à commencer par Saint-Pétersbourg, sont actuellement sans journaux, sans nouvelles, séparées du reste du monde, isolées même l'une de l'autre.

LE GENERAL DRAGOMIROF

Le général Dragomirof.
--Phot. Pirou, boul. Saint-Germain.

«Mikhaël Ivanovitch», comme on l'appelait familièrement, vient de s'éteindre à Konotop, près de Kiev, dans sa terre patrimoniale, où il était né, où reposent les siens.

Sa popularité en Russie était considérable. Sa renommée avait franchi toutes les frontières. Chez nous, dont il avait suivi les armées pendant toute la campagne d'Italie, et où il était revenu souvent, prenant part avec un intérêt passionné aux manoeuvres, se complaisant à vivre parmi nos soldats, il était fort connu et on l'aimait beaucoup.

Ses théories sur l'éducation du troupier, qui voulaient que l'officier eût avant tout pour objectif de former le moral du soldat, étaient d'abord trop conformes à nos idées humanitaires pour ne pas lui avoir conquis, en France, de chauds admirateurs. En fait, d'ailleurs, elles semblaient mieux conçues pour s'appliquer au soldat français, dégrossi, déluré, qu'au malheureux moujik illettré.