FRAGONARD.--Le Billet doux. Phot. Braun, Clément et Cie.
Au lendemain de la mort tragique de M. Ernest Cronier, on apprit que ce «roi des sucres», qui avait possédé cent millions et qui, non seulement venait de les perdre en quelques mois, mais laissait cent millions de passif, avait trouvé, au milieu de sa vie fiévreuse de spéculateur, le temps de collectionner passionnément des chefs-d'oeuvre: tableaux de maîtres anciens et modernes, meubles du dix-huitième siècle, porcelaines de Chine, tapisseries admirables. Un détail montre bien qu'en s'entourant de ces merveilles il satisfaisait ses goûts autant que son orgueil de nouveau multimillionnaire: il possédait déjà sa belle série de tapisseries île Beauvais d'après les cartons de Boucher, l'Histoire de Psyché, quand il changea de demeure. Hésitant entre deux hôtels, il choisit, celui de la rue de Lisbonne, moins vaste que Vautre, parce qu'il y trouvait des panneaux qui semblaient avoir été faits exactement pour recevoir ces pièces uniques.
La rafale qui a passé sur cette existence fastueuse a tout balayé. La collection Cronier va être, dans un mois, dispersée aux enchères. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici, pendant qu'elles n'appartiennent qu'à une liquidation judiciaire, quelques-unes des oeuvres capitales qui, après quelques journées d'exposition et de vente publique, trouveront de nouveaux possesseurs pour les soustraire jalousement à tous les yeux.
Nous publierons, après la vente, dans nos «Documents et Informations», les prix obtenus et les noms des acquéreurs.
| CHARDIN.--Le Volant. | WATTEAU.--Le Lorgneur. | LA TOUR.--Lady comtesse de Coventry. |
| LA TOUR.--Portrait du graveur Schmidt. | FRAGONARD.--La Liseuse. |
| DIAZ DE LA PENA.--Le Printemps. | TROYON.--Vaches à la lisière d'un bois. |