LE RETOUR DE M. DÉROULÈDE
M. Déroulède, venant de Vienne, où, après avoir refusé le bénéfice de la grâce, il attendait le vote de l'amnistie, a fait son entrée à Paris, dimanche 5 novembre. Des manifestations chaleureuses ont marqué le retour de l'exilé: une foule énorme avait envahi la cour de la gare de Lyon, vers 2 heures de l'après-midi, lorsque, accompagné de M. Marcel Habert, le président de la Ligue des Patriotes monta dans un landau découvert, attelé de deux chevaux. A partir de ce moment, il devait cheminer lentement, jusqu'à l'avenue Victor-Hugo, constamment debout et la tête découverte, au milieu d'incessantes ovations.
M. Déroulède. L'ARRIVÉE A PARIS DE M. PAUL DÉROULÈDE.--A la gare de Lyon.
LA FÊTE DE LA MUTUALITÉ
La Fédération nationale de la Mutualité avait organisé, dimanche dernier, à Paris, une grande solennité en l'honneur du président de la République, le «premier mutualiste de France», ainsi qu'il se plaît à se qualifier lui-même. La cérémonie officielle du Trocadéro a été suivie d'un banquet monstre de 50.000 couverts, donné dans la galerie des Machines, dont l'aspect d'ensemble différait peu de celui qu'a reproduit L'Illustration, lors du banquet de 1904, comptant 26.000 convives. Entre ces deux principaux numéros du programme s'est intercalée une petite scène historique assez originale: M. Loubet a procédé à la plantation, près de la tour Eiffel, côté de l'avenue de Suffren, du «premier arbre de la Mutualité », un jeune orme d'une belle venue. Le président lui a souhaité longue vie, en exprimant d'ailleurs la ferme conviction que, durât-il mille ans, l'institution qu'il symbolise lui survivra encore.
Le président de la République plantant, au Champ de Mars, l'arbre de la Mutualité.
(On remarque à la gauche de M. Loubet: M. Mabilleau, et derrière lui, à droite MM. Doumer, Rouvier, Bienvenu-Martin, Etienne, Ruau, Lourties, Lépine.)