La puissance de la cataracte est évaluée à 900.000 chevaux et l'on a commencé récemment des travaux qui permettront, à bref délai, d'en utiliser 500.000. On peut juger de l'essor industriel auquel est appelée la région de Niagara.
La lampe Uviol.
La nouvelle lampe électrique imaginée par M. O. Schott, et baptisée par lui «Uviol». est une lampe qui ne vise ni à éclairer, ni à chauffer. C'est une lampe qui, des trois catégories de rayons composant la lumière solaire: les calorifiques, les lumineux et les chimiques, émet surtout les derniers, les rayons actiniques, les rayons ultra-violets. Ce caractère spécial de la lampe explique son nom. La lampe «Uviol» est une modification de la lampe à vapeur de mercure Cooper-Hewitt, et n'a été rendue possible que par la fabrication récente, à Iéna, d'un verre qui laisse passer en notable abondance les rayons ultra-violets. Les usages de cette lampe pourront être nombreux. Il est entendu que personne n'en fera usage pour s'éclairer ou se chauffer; mais elle servira de beaucoup d'autres manières. Elle servira à éprouver les couleurs de teinture des étoffes. Au lieu d'exposer les étoffes teintes au soleil pour voir quelle est la résistance des coloris aux rayons (chimiques) du soleil, on les exposera aux rayons de lampes Uviol, leur fonctionnement étant régulier et constant, ce qu'on ne saurait dire de celui du soleil. La lampe Uviol servira aussi en photographie: ce sera une excellente lumière artificielle, en raison de sa richesse en rayons actiniques. Enfin, elle paraît devoir prendre une place importante en thérapeutique. Les rayons chimiques ont, on le sait, une puissante action sur l'organisme: ce sont eux qui, entre autres méfaits, occasionnent le coup de chaleur et aussi les brûlures du visage chez les alpinistes. Les rayons actiniques tuent les bactéries et agissent fortement sur la peau. La lampe Uviol tue les insectes: une mouche tenue à proximité meurt en une minute: et si on laisse dehors, en été, une lampe Uviol allumée pendant la nuit, on trouve, au matin, autour d'elle, une foule de cadavres de petits insectes. Elle servira encore et surtout en photothérapie selon la méthode de Finsen, et, avec une source aussi puissante, on peut s'attendre à agir vigoureusement sur la peau. Si on laisse agir sur celle-ci, à petite distance (de 1 à 3 centimètres), les rayons pendant un temps variant de 5 à 15 minutes, on n'aperçoit rien d'abord, comme avec le radium. Mais, quelques heures après, la peau rougit,--elle est le siège d'une sensation de brûlure, et elle pèle. On a certainement dans la lampe Uviol un agent thérapeutique pouvant fournir des résultats fort intéressants.
M. Baudry,
né le 18 novembre 1804.
Le centenaire de Moreuil.
Nous avons donné récemment le portrait de M. Bourgogne, de Brignoles, qui venait de fêter son centième anniversaire. Nous donnons aujourd'hui celui de M. Baudry, de Moreuil (Somme), qui entre dans sa cent deuxième année le 18 novembre courant. Ce beau vieillard jouit encore de toutes ses facultés et continue à gérer lui-même ses affaires. La vue seule est un peu faible.
Le progrès décennal des chemins de fer.
Le produit des chemins de fer français était de 1 milliard 191 millions en 1895. Après avoir atteint 1 milliard 350 millions en 1899, puis 1 milliard 440 millions en 1900, année de l'Exposition, il retombait, en 1901, à 1 milliard 384 millions. Depuis, il s'est lentement relevé pour arriver à 1 milliard 437 millions en 1904. La plus-value constatée en 1904, par rapport à 1895, est donc de 246 millions. Au cours de cette période décennale, 2.432 kilomètres de voie ferrée ont été construits, portant à 34.953 kilomètres le total des réseaux exploités.
En Angleterre, la longueur des réseaux exploités est peu supérieure à celle des réseaux français: 35.800 kilomètres. Le produit, qui se chiffrait par 2 milliards 168 millions en 1895, s'est élevé, en 1903, à 2 milliards 800 millions: soit une augmentation de 632 millions.