... don d'une main mourante,

Image de mon Dieu.

La famille du poète possède la dernière missive de Julie, datée du 11 novembre, un mois avant la mort. Elle est grave, triste, d'un beau sentiment chrétien. «J'ai reçu toutes vos lettres. Qu'à présent, mon ami, elles puissent toujours être lues par tout le monde... Je suis sûre que Dieu trouve bon que je calme les sollicitudes d'un enfant qui aime trop sa mère. Il sait que cet enfant est vertueux. Il permet que j'en fasse un ami...»

Maintenant, cette passion si vive des deux côtés resta-t-elle purement platonique? C'est l'opinion de M. Léon Séché, très épris à la fois d'Elvire et de Lamartine. Ce n'est pas celle de M. Doumic. Ne semble-t-il pas que les mots échappés à la plume de Julie donnent raison à celui-ci? J'ai beaucoup connu et aimé un homme qui m'a porté une affection presque paternelle, M. de Ronchaud. Il fut l'ami, le confident du grand poète; ce fut lui qui ramena en Saône-et-Loire le corps de Mme de Lamartine. Or, me parlant de Julie et de Raphaël, il m'a formellement déclaré que leur amour dépassa les bornes du platonisme.

Où repose le corps de Mme Charles? Il passa par l'église Saint-Germain des Prés et fut transporté dans un cimetière de province que M. Léon Séché n'a pas encore découvert.

Nous devons à cette jeune créole languissante et bonne un grand poète et les plus belles Méditations: l'Isolement, le Lac, le Vallon, le Soir, les Étoiles, Souvenirs etc. L'oeuvre de M. Séché, vivante et documentée, nous montre bien où la poésie nouvelle a pris sa source. S'il n'y avait pas dans M. Séché autant d'enthousiasme, il n'y aurait pas une recherche aussi ardente de l'inédit:
E. Ledrain.

Un ouvrage sur le «jiu-jitsu»

Après avoir travaillé plusieurs années le jiu-jitsu avec des amis japonais habitant New-York, M. H. Irving Hancock a suivi les cours du professeur de la police de Nagasaki et des maîtres réputés de Tokio et de Yokohama. Dans un petit volume accueilli avec faveur de l'autre côté de l'Atlantique, il expose avec précision les principes fondamentaux de cette méthode de combat, sur laquelle on nous avait donné jusqu'ici des renseignements assez vagues.

La science du jiu-jitsu demande avant tout Un entraînement général, se rapprochant par certains côtés des procédés traditionnels employés pour cultiver la force humaine: développement musculaire, entraînement du coeur et des poumons, assouplissements, équilibre, agilité, etc. A cette gymnastique complexe s'ajoutent des exercices particuliers de résistance et d'endurcissement. Le Japonais cherche notamment à s'endurcir le tranchant de la main, au point de pouvoir, après six mois d'entraînement, s'en servir pour briser une canne. Il se préoccupe encore d'endurcir aux coups les parties sensibles du corps: cou, flanc, abdomen, etc., et d'assurer aux membres la plus grande force de résistance possible aux pressions de l'assaillant. Une hygiène rationnelle, où l'usage de l'eau en boisson et en bains joue le principal rôle, achève de procurer la forme nécessaire pour aborder et pratiquer utilement l'escrime spéciale du jiu-jitsu.

Cette escrime se compose de prises, parfois dénommées coups, auxquelles les coups proprement dits s'ajoutent de façon accessoire. Ces prises sont de deux sortes: les unes consistent à pincer ou à presser des muscles et des nerfs, en un point particulièrement sensible, afin de déterminer une douleur qui paralyse l'adversaire. D'autres, utilisant des effets de levier ou de porte à faux, amènent un membre ou une partie du corps dans une position telle que le dégagement direct est impossible; l'adversaire a pour unique ressource de riposter par une autre prise douloureuse ou par un coup, quand il n'est pas obligé de s'avouer vaincu, sous peine de voir l'assaillant accentuer son effort pour lui briser un membre. La pratique du jiu-jitsu exige donc la connaissance parfaite de certains points anatomiques et de prises plaçant un membre ou un muscle dans une position critique, puis l'agilité nécessaire pour effectuer le premier la prise, se trouver ainsi dans une position plus favorable que celle de la résistance et de la riposte.