Le «viens donc!» Truc employé
par les agents de police japonais
pour venir à bout d'un prisonnier
récalcitrant.
L'auteur nous indique quelques-uns des coups classiques.
Le pincement de bras s'effectue en un point situé sur le bras, à peu près à mi-chemin entre le coude et l'épaule, et dont l'extrême sensibilité nous a été révélée à tous par des chocs fortuits.
Le coup de gosier, porté avec le tranchant du poignet sur la pomme d'Adam, étend sur le sol tout homme n'ayant pas prévu l'attaque.
Dans la prise de gorge on saisit l'adversaire par l'intérieur du col de son vêtement et l'on appuie la seconde articulation de chaque index contre la pomme d'Adam. Une pression énergique maintenue plus d'une vingtaine de secondes peut amener la mort d'un homme non entraîné. Mais, quelle que soit sa violence, elle sera immédiatement dénouée si le défenseur, croisant ses mains en avant du corps, projette avec force ses bras de gauche à droite contre les bras de l'assaillant. Elle gênera peu un Japonais habitué à supporter, couché à terre, la pression de trois hommes appuyant de toutes leurs forces sur un lourd bambou placé en travers de sa gorge.
Le «viens donc!», très employé par les agents de police japonais, apparaît d'une grande simplicité. L'assaillant jette son bras droit par-dessus le bras gauche de sa victime dont il saisit en même temps le poignet avec la main gauche. Au moment précis où il effectue la prise, l'attaquant se saisit à lui-même le poignet gauche avec la main droite en faisant passer celle-ci sous le bras gauche de l'adversaire. Il fléchit ensuite en avant et a toute facilité pour culbuter son homme d'un croc-en-jambe. Si le défenseur résiste, il risque une fracture du bras ou de l'avant-bras; s'il connaît le jiu-jitsu, il peut, en lui appliquant sous le menton sa main libre ouverte, mettre son adversaire sur le dos.
Le coup d'arrêt est un des plus simples et des plus efficaces. L'assaillant jette brusquement son bras gauche autour de la ceinture de son adversaire en enfonçant ses doigts à la base de l'épine dorsale. En même temps, il exerce de bas en haut, avec la main droite, une pression sous le menton de façon à rejeter la tête en arrière. Avec un peu de brutalité, le cou est brisé. On peut riposter par la prise de gorge, à moins que l'assaillant porte le genou au ventre juste au moment de la prise: dans ce cas, l'attaque est irrésistible.
Ces quelques exemples montrent que le succès final des coups offensifs et défensifs du jiu-jitsu repose tout entier sur l'agilité. Ils expliquent encore l'insistance avec laquelle l'auteur exhorte les Européens à se résigner aux préliminaires pénibles de l'entraînement avant d'aborder ces brillants coups de combat dont l'étude, sous peine d'amener de graves accidents, demande, outre une grande force de résistance, une extrême prudence et beaucoup de courtoisie dans les assauts.
Bien que le nombre des coups indiqués par l'auteur soit assez restreint, ce petit traité de jiu-jitsu reste intéressant et curieux. Il vient d'être traduit par MM. le chef d'escadron d'artillerie L. Perrus et le capitaine d'artillerie J. Pesseaud, qui ont su conserver, dans une langue claire et agréable à lire, la précision du texte original. L'ouvrage est illustré de dix-neuf planches photographiques d'après nature. (Berger-Levrault, 3 fr. 50.)
F. H.