Dans le numéro du 4 novembre dernier, nous avons publié les portraits et les noms de ceux de nos compatriotes, résidant à Lisbonne, qui ont fait partie de la commission chargée de recevoir M. Loubet. Parmi eux figurait le trésorier de la Chambre de commerce française, M. Fernand Touzet, et non Pouget comme nous l'avons imprimé par suite d'une erreur qui nous est signalée seulement aujourd'hui et que nous nous empressons de réparer.

Un invité de marque: M. Rouvier. M. Hennion, commissaire de la Sûreté. Le roi. Le roi Alphonse XIII et M. Loubet.

LA NOUVELLE VISITE DU ROI ALPHONSE XIII A PARIS.
--LA CHASSE DU 20 NOVEMBRE DANS LE TIRÉ DES PLAISIRS, A RAMBOUILLET.

LE ROI D'ESPAGNE EN FRANCE

Le jeune roi d'Espagne désirait vivement profiter de son passage par la France, à son retour d'Allemagne, pour revoir Paris et s'y attarder pendant deux ou trois jours qu'il emploierait à sa guise, affranchi des représentations officielles et des obligations protocolaires. Il a réalisé ce projet, du 19 au 21 novembre, descendu à l'hôtel Bristol, d'où une rapide automobile l'emportait constamment vers les buts divers de sa fantaisie. Mais son incognito relatif ne l'a pas empêché ni de faire visite à l'Elysée, ni d'accepter du président de la République,--avec quel empressement!--une invitation à chasser.

Cette chasse eut lieu, lundi dernier, dans les tirés de Rambouillet. A midi, après un déjeuner au château, un landau, attelé à la daumont de quatre mules harnachées aux couleurs espagnoles--celles-là mêmes que le souverain offrit à M. Loubet lors de son voyage à Madrid--conduisait le président et son hôte, suivis de quelques invités de marque, aux tirés, où le colonel Lamy organisait les battues. Bravant une neige épaisse, d'un effet fort pittoresque dans les bois, mais peu clémente aux chasseurs, et moins encore au malheureux gibier destiné à la rougir de son sang, Alphonse XIII se montra plein d'endurance et d'entrain. Rarement on eut l'occasion d'assister à pareille hécatombe de faisans, de lièvres, de lapins, etc.: 829 pièces au tableau; et la «part du roi» y fut, dit-on, très belle.

LE ROI DE PORTUGAL A PARIS

A peine le roi d'Espagne avait-il quitté Paris que, le lendemain même de son départ, le roi de Portugal y arrivait à son tour, mais non pas sous l'incognito de naguère. Cette fois, il venait en France officiellement, empressé à rendre au président de la République la visite récente que celui-ci lui fit dans ses Etats. Laissant à Lisbonne la reine Amélie, qui a tenu à rester auprès du jeune prince Louis-Philippe, investi de la régence pendant l'absence de son père, dom Carlos a entrepris ce voyage accompagné de M. Eduardo Villaça, son ministre des Affaires étrangères, et d'une suite nombreuse. Son arrivée, mercredi dernier, à la gare du Bois de Boulogne, où l'attendait M. Loubet, entouré des ministres, s'est effectuée avec le cérémonial et les honneurs militaires d'usage; en uniforme de généralissime portugais, la plume blanche au casque, la poitrine barrée du grand cordon de la Légion d'honneur, il est monté en voiture pour se rendre d'abord au palais des Affaires étrangères, lieu de sa résidence pendant son séjour, et la foule, massée sur le parcours du cortège, a fait le meilleur accueil au souverain, dont la figure ouverte et sympathique est déjà bien connue des Parisiens.


L'arrivée du roi de Portugal à la gare du Bois de Boulogne.


Le roi Carlos et le président Loubet se rendant au palais du quai d'Orsay.