N.-B.--Les renseignements qui précèdent sont extraits du Manuel de tir de l'infanterie allemande (Schiessvorschrift fur die infanterie), document officiel approuvé par l'empereur Guillaume le 2 novembre 1905. Il paraît par suite difficile d'en contester la valeur.
Note 1: Voir dans L'Illustration du 30 septembre 1905, l'article sur le «Nouveau canon allemand».
On ne peut d'autre part se dispenser de signaler le fait que le ministre de la Guerre allemand, général von Einem, ait jugé bon de porter à la connaissance de toute l'armée des renseignements très étendus concernant la nouvelle balle. Il a voulu, sans aucun doute, par cette divulgation si en dehors des usages habituels de l'armée allemande, rassurer les esprits en montrant toute l'étendue du progrès qui vient d'être accompli.
Le port. Vieille forteresse construite par les Génois.
Vue générale de Mitylène.
LA DÉMONSTRATION DE MITYLÈNE
Le gouvernement ottoman ayant refusé d'accepter le contrôle financier que les grandes puissances européennes, d'un commun accord, jugeaient nécessaire d'établir en Macédoine, les divers États intéressés ont décidé de recourir, pour l'y contraindre, à une démonstration navale collective. L'Allemagne, quoique déclarant hautement s'associer à cette manifestation, s'est excusée de ne pouvoir envoyer aucun de ses bateaux joindre l'escadre internationale; elle a prétexté qu'elle n'avait, dans la Méditerranée, nul navire de guerre. La force navale qui s'est réunie au Pirée, pour, de là, aller bloquer Mitylène, est donc composée, en principal, des navires français Charlemagne et Dard; de navires russes, anglais, italiens et autrichiens. Le vice-amiral Ripper, de la marine autrichienne, est investi du commandement de l'expédition.
Partie le 26 novembre du Pirée, l'escadre internationale a mouillé quelques heures plus tard devant Mitylène. Le 28, des détachements des équipages des diverses nationalités, au nombre de 400 hommes en tout, débarquaient sans rencontrer aucune autre résistance qu'une protestation diplomatique du gouverneur et occupaient la douane et le télégraphe.