On se rappelle peut-être que des spéculateurs américains avaient imaginé de recourir au flottage pour le transport des bois à travers les océans. Ils avaient calculé qu'en formant des radeaux représentant la charge de vingt grands navires, il suffirait qu'un seul sur trois arrivât à destination pour rendre le procédé économique. Le premier essai réussit exactement dans cette proportion; mais, contrairement aux prévisions, les bois des radeaux disloqués, au lieu d'être portés par le Gulf-Stream vers les rivages antarctiques, arrivèrent dans les parages des Açores. Durant plusieurs mois, les navigateurs y furent exposés à se heurter à d'innombrables troncs mesurant de 75 centimètres à 2 mètres de diamètre, et de 9 mètres à 27 mètres de longueur. Ce mode de transport, à peu près abandonné sur la côte orientale des États-Unis, est devenu assez usité entre le Canada et San-Francisco, la proximité continuelle l'assèchement et la pêche du lac d'Enghien de la côte en atténuant les risques pour les exploiteurs... et pour les autres.
Un industriel, plus audacieux que tous ses devanciers, fait construire en ce moment un radeau monstre que quatorze remorqueurs traîneront sur le Pacifique, des rives canadiennes aux côtes chinoises. Si ce «fagot» se disloque en route, les accidents que ces épaves pourront causer seront compensés dans une certaine mesure par les nouvelles données qu'elles fourniront sur la direction des courants. Elles pourront, en outre, apporter la richesse à de nombreuses familles de pêcheurs.
L'ÉPAISSEUR DE LA GLACE EN SIBÉRIE.
On savait, d'après les observations de Middendorf, que l'épaisseur de la nappe de glace des lacs sibériens varie ordinairement entre lm,50 et lm,80, sans dépasser jamais 2m,40. Le professeur Velikov vient de communiquer le résultat d'études faites, au même point de vue, sur les eaux courantes de la Russie d'Asie. Sur l'Ienisseï, l'épaisseur de glace oscille entre 70 et 90 centimètres; à l'extrémité septentrionale de la Sibérie, vers Bouloum et Rourskoyé-Oustié, elle atteint 2 mètres et 2m,35. On cote seulement lm,80 sur la Yassa, à Verkhoyansk; ce point, situé sous 67° 30' de latitude, est pourtant voisin du pôle froid de l'ancien monde, et la température moyenne des trois mois d'hiver y varie de -44° à -48°, s'abaissant parfois à -67°.
Enfin, en Transbaïkalie, aux latitudes de Londres et de Hambourg (51°30' et 53°35') on trouve d'un mètre à 2m,35 de glace; l'épaisseur croît très vite dans le haut bassin de l'Amour quand la neige fait défaut. Pour empêcher la congélation complète des rivières peu profondes et sauver la vie des poissons, les habitants du pays couvrent alors la glace de branches de pin qui déterminent la formation de monceaux de neige mettant la couche de glace à l'abri de la température extérieure.
La pêche du lac d'Enghien.
Tous les cinq ans environ, on assèche le lac d'Enghien pour procéder au curage du fond.
C'est l'occasion d'une grande pêche, toujours fructueuse, car cette eau, dont s'accommoderaient mal les truites, est très favorable à la multiplication des carpes, perches, anguilles et gardons. Il y a quelques jours, le lac a été mis presque complètement à sec et il n'a pas fallu moins de près de trois semaines pour mener à bout cette opération; en deux coups de filet, dans le chenal qui avait été laissé plein d'eau, on a retiré 3.400 kilos de poisson dont le frétillement était guetté par de nombreux curieux.
| Un coup de filet ramenant 1.800 kilos de poisson. | Le lac complètement asséché. |