Il y a une vingtaine d'années, des sondages effectués en Louisiane, près du lac Charles, dans l'espoir de découvrir du pétrole, révélèrent un gisement de soufre d'environ 35 mètres d'épaisseur à 140 mètres de la surface du sol. Pour l'atteindre, il fallait traverser une nappe aquifère et des sables boulants; quatre compagnies essayèrent successivement de vaincre ces difficultés et se ruinèrent.
En 1891, M. Frasch imagina un procédé aussi bizarre qu'audacieux. On fore jusqu'à la partie inférieure du gisement un trou qu'on munit d'un tubage de 254 millimètres de diamètre s'arrêtant à la partie supérieure du gisement. Dans ce premier tube on en place trois autres qui descendent presque au fond du trou de sonde et présentent des diamètres respectifs de 152, 76 et 25 millimètres. Les intervalles entre ces quatre tubes forment donc trois «couronnes».
Par la couronne extérieure on lance de l'eau sous pression suffisante pour atteindre la température de 330° centigrades: le soufre, fusible à 110°, monte dans la couronne intermédiaire par suite de la pression de l'eau. On envoie de l'air comprimé par le petit tube central, et le soufre liquide, se mélangeant de bulles d'air, est refoulé dans la couronne centrale, formant une colonne de densité inférieure à celle du soufre liquide et de l'eau, ce qui lui permet d'arriver à l'air libre. Le soufre sort ainsi du sol, tout raffiné, avec un degré de pureté de 99,6%.
La richesse du gisement actuellement reconnu est évaluée à 40 millions de tonnes.
La production de la mine, qui était de 100 tonnes par jour en 1902, atteint aujourd'hui environ 1.000 tonnes, soit 350.000 tonnes par an. M. Frasch vient de perfectionner une installation qui lui permettrait, affirme-t-il, de produire 3.000 tonnes par jour. La consommation mondiale du soufre se chiffre par 500.000 tonnes, dont la presque totalité était jusqu'ici produite par la Sicile (467.000 tonnes en 1902). Les États-Unis en absorbent 150.000 tonnes. Par suite d'une entente récente entre les compagnies intéressées, le soufre de la Louisiane ne sera exporté que dans quelques régions déterminées d'Europe.
Gerbe de roses en orfèvrerie
offerte par le président de
la République à la reine de
Portugal.
Un présent de M. Loubet à la reine de Portugal.
Le président de la République a prié le roi de Portugal de vouloir bien offrir en son nom, à la reine Amélie, une gerbe de roses de France, exécutée par Falize. Les fleurs, en bijouterie d'or et d'argent, plongent leurs tiges dans un très beau vase en cristal de Galle, monté sur pied d'orfèvrerie, portant, d'un côté, l'écusson royal au chiffre de la reine; de l'autre, les armes de la République avec une banderole d'or où est inscrite la dédicace: Émile Loubet, président de la République française, à S. M. la reine Amélie de Portugal.