--Vous n'avez rien à déclarer?

--Rien du tout, fait M. Guyot.

--Ouvrez, dit le commis.

--Je refuse.

Le commis se fâche, invoque le droit de l'État, appelle à son secours un chef, devant qui, très poliment, l'ancien ministre s'explique: «J'aurais, dit-il, ouvert cette valise si vous m'en aviez requis du premier coup, et sans phrases. Cela, c'est votre droit. Mais vous m'avez demandé si j'avais quelque chose à déclarer; j'ai dit non; et vous ne m'avez pas cru. Cela, je ne l'admets pas. Vous avez le droit de fouiller mes bagages, mais non celui de mettre en doute publiquement ma probité.»

Qui avait raison?
Sonia.

L'ENTRÉE DES SOUVERAINS
NORVÉGIENS A CHRISTIANIA

Les nouveaux souverains de Norvège ont fait leur entrée solennelle dans leur capitale le 25 novembre.

Dès le matin, le navire de guerre le Heimdal, portant les membres du gouvernement, était allé à la rencontre du yacht royal le Danebrog, venant de Copenhague, escorté de vaisseaux des marines norvégienne, danoise, anglaise et allemande. Après le transbordement de Leurs Majestés et du jeune prince héritier sur le Heimdal, celui-ci se mit en route pour Christiania; il y arrivait à 1 h. 1/2, salué par des salves d'artillerie et les hurrahs de la foule. Au débarcadère, la municipalité reçut les souverains sous un pavillon drapé de rouge, et son chef leur adressa des souhaits de bienvenue auxquels le roi répondit quelques paroles d'une cordiale simplicité; puis ce fut à travers la ville, parmi les pavoisements, les guirlandes, les acclamations de la multitude, le défilé du cortège officiel se rendant au château, où devait avoir lieu, dans la salle du Trône, la réception du Storthing et du corps diplomatique. Malgré le voile de brume qui l'enveloppait, malgré la neige qui poudrait ses toits et couvrait d'un épais tapis blanc le sol de ses rues, Christiania était en liesse, et ce froid décor d'hiver formait un pittoresque contraste avec la chaleur de l'enthousiasme populaire.

Le lendemain dimanche, le roi et la reine se rendirent à l'église Saint-Sauveur, au seuil de laquelle les attendaient les pasteurs.