C'est une question fort controversée de savoir si les insectes, en général, et les abeilles, en particulier, sont attirés par l'éclat des fleurs ou par leur parfum. Il y a quelques semaines, M. Félix Plateau signalait à l'Académie royale de Bruxelles le cas suivant: si l'on place un miroir, avec une inclinaison convenable, à 20 ou 40 centimètres de fleurs naturelles, les insectes qui viennent se poser sur ces fleurs semblent ne prêter aucune attention aux images réfléchies. Le savant belge se croyait autorisé à conclure que ce n'est pas la vue des fleurs qui attire les insectes.
M. Gaston Bonnier, qui partage cette opinion, vient de communiquer à l'Académie des sciences le résultat d'observations prouvant surtout combien il est difficile de se prononcer en matière si délicate. Lorsque des abeilles sont occupées, l'après-midi, à recueillir de l'eau sur les feuilles des plantes aquatiques, elles ne touchent pas au miel qu'on leur présente sur ces feuilles ou sur des flotteurs de diverses couleurs Si, au contraire, on tente l'expérience le matin, les gouttes de miel sont rapidement enlevées. Le savant professeur explique la chose par le rigorisme «coutumier» avec lequel les abeilles observent leur consigne. Quand elles sont «commandées» pour aller chercher de l'eau, elles ne se permettraient pas de récolter du miel; le matin, au contraire, il est tout naturel que les abeilles «chercheuses», envoyées en reconnaissance pour trouver un champ de butin, s'empressent de signaler à leurs troupes le miel qu'elles rencontrent. Ce que nous savons des moeurs des abeilles rend assez vraisemblable cette interprétation ingénieuse.
Le puits de Notre-Dame de l'Épine.
Un puits dans l'église de
Notre-Dame de l'Epine.
Le hameau de l'Epine, à 8 kilomètres de Châlons-sur-Marne, possède une admirable église gothique assez peu connue, bien qu'elle continue à être le but d'un pèlerinage jadis fort célèbre, et qu'elle présente diverses particularités intéressantes dont l'une tout à fait exceptionnelle et peut-être unique en son genre. Au milieu d'une des branches du transept existe un puits surmonté d'une armature en fer forgé portant cette inscription: Puits de la sainte Vierge. C'est un devoir pour chaque pèlerin de boire ou d'emporter un peu de son eau.
La construction de l'église actuelle date du commencement du quinzième siècle. Le puits, mentionné pour la première fois en 1629, semble avoir été creusé à l'époque des guerres de religion, en vue des attaques que pourraient avoir à subir les catholiques réfugiés près de l'autel. Les troupes huguenotes, en effet, traversèrent plusieurs fois le pays à la fin du seizième siècle; d'après Baugier, l'amiral de Coligny et son frère «s'en allant en Allemagne» assiégèrent l'église de l'Epine «avec une bonne armée», d'ailleurs sans succès. Cette opinion paraît d'autant plus vraisemblable que le portail du midi est «fortifié» par deux tourelles, et que les traditions relatives à une statue miraculeuse fort ancienne, existant encore aujourd'hui, sont muettes à l'égard de ce puits dont elles n'auraient sans doute point manqué de s'occuper s'il s'y rattachait quelque pieux souvenir.
Le traitement des fièvres éruptives par la lumière rouge.
On avait déjà préconisé l'emploi de la lumière rouge dans le traitement de la variole. Sous son influence, les pustules suppureraient moins abondamment, les cicatrices seraient moins profondes et moins apparentes.
Voici qu'on recommande cette même méthode contre la scarlatine. Un médecin de Nuremberg a soumis un assez grand nombre de petits scarlatineux à la lumière rouge. Chez tous, il aurait vu la rougeur de la peau diminuer rapidement et la défervescence fébrile se produire plutôt que d'habitude.