D'après cet observateur, il faudrait ne retirer les malades de la chambre rouge que lorsque l'exposition à la lumière du jour ne détermine plus de rubéfaction de la peau.
Une locomotive à seize roues.
Nouvelle locomotive «de force», à seize roues,
mise en service par la Compagnie du Nord.
La Compagnie du Nord vient de mettre en mouvement un nouveau «monstre» imaginé par M. du Bousquet. C'est une immense locomotive destinée surtout à tramer d'énormes charges sur les dures rampes de certaines parties du réseau, par exemple de Valenciennes à Hirson. Elle est en quelque sorte double, car ses essieux sont répartis en deux groupes formant ce qu'en terme de métier on appelle deux «bogies» moteurs. Les roues sont plus volumineuses (1m,45 de diamètre) que dans les modèles courants et au nombre de douze; en outre, entre les deux bogies, il y a quatre petites roues, qui supportent une couple d'essieux et, supprimant le porte à faux, donnent de la stabilité à l'ensemble. Les cylindres à haute pression sont placés sur la partie arrière de la locomotive, tandis qu'en avant se trouvent les cylindres à basse pression et les deux caisses latérales contenant l'approvisionnement d'eau de la machine. La longueur totale de la locomotive est d'environ 16 mètres; elle donne un effort de traction de 18.607 kilogrammes, pouvant atteindre 24.064 kilogrammes quand on marche en admission directe, ce qui est moins économique et n'est que momentané. Malgré sa grande longueur, grâce à ses larges roues, la locomotive peut cheminer sur des courbes assez étroites, de 90 mètres par exemple, mais, naturellement, à allure assez lente; sur les portions faciles du parcours desservi, elle marche néanmoins à 60 kilomètres à l'heure, une bonne vitesse pour un «poids lourd» de cette dimension imposante.
Un nouveau procédé d'éclairage scénique.
Un peintre espagnol, M. Marinno Fortuny, propose, pour l'éclairage des scènes de théâtre, un système original. Actuellement, la scène reçoit de la lumière directe projetée, en général, par des lampes à incandescence; quelquefois par des lampes à arc installées dans les coulisses ou dans la salle. Il en résulte des ombres portées d'un effet au moins désagréable à l'oeil, quand elles n'enlèvent as l'illusion de la perspective. A cette lumière directe, M. Fortuny substitue la lumière diffuse. Le plafond de la scène est formé par une voûte en toile blanche, sur laquelle on projette la lumière de l'arc voltaïque réfléchie d'abord par une bande où est imitée la couleur du ciel. Cette bande étant mobile, il suffit d'y peindre des gammes différentes et de la faire glisser sous le faisceau lumineux pour produire une succession de nuances aussi variées et aussi graduées qu'on le désire. En utilisant à la fois deux ou trois bandes placées en des points plus ou moins distants, on réaliserait sur la voûte céleste des effets de coloration inconnus jusqu'à ce jour. Enfin, on pourrait opposer aux rayons de certaines lampes des miroirs où l'on aurait peint des nuages qui se trouveraient eux-mêmes projetés sur le ciel et dont la marche serait obtenue par un simple déplacement du miroir.
La lumière ainsi réfléchie enveloppant toute la scène, les décors et les personnages se trouveraient dans des conditions naturelles d'éclairage et l'illusion scénique y gagnerait beaucoup. En théorie, le procédé semble parfaitement rationnel; l'expérience seule nous fixera sur sa valeur pratique.
Un gaz réfractaire.
On sait que, par l'application simultanée du froid et de la pression, les physiciens sont arrivés à liquéfier et même à solidifier tous les gaz. Un seul résiste de façon désespérée à tous leurs efforts: c'est l'hélium. D'après ce que l'on sait jusqu'ici, par les expériences que vient de faire M. Olszewski, l'hélium est le corps qui exige la température la plus basse pour pouvoir exister sous forme solide. Ce solide deviendrait liquide à des degrés de chaleur extrêmement bas. La glace devient eau à 0° C et l'eau devient vapeur par l'ébullition à 100° C (et avant). L'hélium, lui, entrerait en fusion à une température qui est dans le voisinage de 300 ou 350° au-dessous de zéro, et l'hélium liquide se mettrait à bouillir à 275° au-dessous de zéro, environ. On n'a pas encore pu réaliser cette température: M. Olszewski a obtenu celle de--259° C, c'est-à-dire 14° absolus--le zéro absolu est à 273° au-dessous de zéro centigrade--mais l'hélium est resté gazeux; il n'a pas témoigné de la moindre velléité de se liquéfier. On en est à se demander si l'hélium ne serait pas un gaz permanent, le seul de son espèce, probablement.