Le prix de revient du cheval hydroélectrique.

Partout où l'on peut utiliser la chute des torrents ou des rivières, l'industrie moderne s'efforce de se procurer la force au plus bas prix. Mais ce «plus bas prix» est très variable.

Une revue d'électricité s'est occupée d'établir ce prix pour un certain nombre d'installations et arrive à des résultats dont la diversité étonne. Ainsi, à l'usine de la Praz, sur le torrent de l'Arc, le cheval revient à 212 francs. A Saint-Michel-de-Maurienne, sur la Valoirette, il ne coûte guère plus: 220 francs. Mais à la chute de Jonage (Société des Forces motrices du Rhône), le prix est très élevé, étant de 1.800 francs.

Les chiffres que nous venons d'indiquer sont les extrêmes. A Hauterive, en Suisse, le cheval revient à 600 francs; à Méran, dans le Tyrol, à 400 francs; à Dalf-Elf, qui alimente Stockholm, à 160 kilomètres de distance, à 760 francs; à Mansboe, en Suède, à 760 francs également; à Chedde, sur l'Arve, à 220 francs; à Saint-Béron, survie Guiers, à 270 francs. On compte encore 214 francs à la chute de Giffre;230 à Gavet-Livet; 235 à la chute du Rhin; 420 à Esparraguerra, en Catalogne; 400 à Grenade, et 800 à la chute de l'Ericht, en Écosse. De 212 à 1.800 francs, la différence est grande; elle s'explique par les variations de hauteur de chute et de débit d'eau et des dépenses d'aménagement.

Le prix de revient du cheval doit donc varier considérablement.

Un geyser à Hammam-Meskoutine.

Le petit village d'Hammam-Meskoutine, situé à 14 kilomètres de Guelma, dans un des sites les plus pittoresques de l'Atlas, est environné de sources thermales célèbres qui, en dehors de leurs sérieuses vertus thérapeutiques, présentent, au point de vue de leur formation et de l'aspect qui en est résulté, un intérêt exceptionnel. Il vient de s'y produire un phénomène assez rare.

Le squelette du terrain est tout entier le produit des eaux thermales qui, au contact de l'air, laissent déposer une certaine quantité de matières minérales en dissolution.

Il y a plusieurs siècles, l'eau jaillissait par des trous isolés, autour desquels les dépôts calcaires formèrent des cônes jusqu'à la hauteur que la pression de l'eau ne pouvait plus vaincre. Ces cônes se sont alors bouchés; ils subsistent près de l'établissement thermal, au nombre d'une centaine, d'une hauteur de 1 à 15 mètres. On en voit un dans le fond d'une de nos gravures.

Aujourd'hui, l'eau sort encore par des griffons isolés qui se déplacent de temps à autre; mais, au lieu de s'élancer en gerbe, elle s'épand en magnifiques cascades dont le débit atteint 200.000 litres par heure, avec une température de 72 à 96° C. C'est l'eau la plus chaude connue après celle des geysers d'Islande (109°) et d'un groupe de sources des Philippines (98°).