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La grande cascade d'eau chaude. Le 13 novembre dernier, à 11 heures du matin, les touristes déjeunant à Hammam-Meskoutine entendirent soudain une forte détonation et aperçurent un jet de vapeur considérable sortant du sol, à une dizaine de mètres d'un ancien cône. On distingua bientôt une colonne d'eau qui, depuis lors, jaillit sans intermittence, avec accompagnement d'un bruit sourd, à une hauteur variant, suivant l'heure, de 3 à 6 mètres. Ce geyser sort du roc; mais, tout autour, à une dizaine de centimètres sous terre, on trouve du soufre en cristaux et en poudre. Le débit est de 450 litres par minute. L'eau, très sulfureuse, d'une limpidité de cristal, a une température de 97 degrés, supérieure d'un degré à celle des sources les plus chaudes du groupe. |
Un geyser jailli le 13 novembre dernier. Dans le fond, «cône» d'un ancien geyser. |
LES SOURCES THERMALES D'HAMMAM-MESKOUTINE (ALGÉRIE)
LE GÉNÉRAL SAUSSIER
Le général Saussier, ancien généralissime de l'armée française, est mort, le 19 décembre, dans sa soixante-dix-huitième année.
Le général Saussier, mort le 19 décembre.
Né à Troyes, le 16 janvier 1828, il était sorti de Saint-Cyr en 1850. Après avoir pris part aux campagnes d'Afrique, de Crimée, d'Italie, du Mexique, colonel à quarante-deux ans, il commandait, au moment de la guerre de 1870, le 41e régiment d'infanterie, qui combattit à Borny, à Gravelotte, à Saint-Privat. Lors de la capitulation de Metz, il signa avec ses officiers une énergique protestation, fut emmené prisonnier en Allemagne, mais réussit à s'évader et à rejoindre l'armée de la Loire, où il reçut le commandement d'une brigade. En 1871, il allait en Algérie contribuer à la répression de l'insurrection arabe.
En 1873, le département de l'Aube l'ayant élu député à l'Assemblée nationale, il y siégea au centre gauche et intervint utilement dans la discussion des projets de loi relatifs à notre réorganisation militaire.
En 1876, à l'expiration de son mandat législatif, il reprenait dans l'armée la position d'activité, pour se consacrer exclusivement désormais à sa carrière de soldat. Promu divisionnaire en 1878, il était placé à la tête de la 11e division d'infanterie, dite la «division de fer», à Nancy, puis, au bout de quelques mois, appelé au commandement du 19e corps, à Alger; il le quittait en 1880 pour celui du 6e corps; mais, l'année suivante, il était renvoyé en Afrique, où les événements de Tunisie nécessitaient la présence d'un chef éprouvé.
Il fut, en 1884, nommé gouverneur militaire de Paris, poste qu'il occupa pendant plus de treize ans. En outre, comme président du conseil supérieur de la guerre, il devint le généralissime désigné, en cas de mobilisation.