*
* *
Comment ne pas croire à l'éternité de la guerre? Eternels sont les intérêts et les passions qui en sont les causes, éternelle la justice qui lui sert de prétexte.
*
* *
Il faut du temps pour avoir de l'ordre; il faut de l'ordre pour avoir du temps.
G.-M. Valtour.
*
* *
| La femme la plus riche du monde: Mrs. Hetty Green. (Douze millions de revenus annuels.) | L'homme le plus riche du monde: M. John Rockefeller. (Deux cents millions de revenus annuels.) |
DEUX CRÉSUS AMÉRICAINS
Dans les journaux américains, parmi des informations sensationnelles, des réclames abracadabrantes, des «canards» phénoménaux destinés à l'exportation, on trouve parfois des renseignements fort intéressants et fort instructifs. Ainsi, dernièrement, ils publiaient un relevé des dividendes de la Standard Oil Company--le Trust du pétrole--et tout de suite, sous l'apparente aridité d'un tableau de statistique, les chiffres alignés en colonnes s'imposaient avec leur particulière éloquence à l'attention des lecteurs les plus étrangers, les plus indifférents aux choses du négoce et de la spéculation.
En effet, de ce relevé comprenant huit années, de 1898 à 1905, il résulte que les dividendes forment un total de 317.370.000 dollars, sur lesquels la modeste part de M. Rockefeller, président de la Compagnie, est de 105.780.000, soit en moyenne un revenu annuel de 12 millions de dollars. Si l'on s'en tient à ce document suggestif, l'éminent accapareur posséderait donc, au bas mot, la bagatelle de 60 millions de francs de rente environ, ce qui lui permettrait, sans écorner son capital, une dépense de 5 millions par mois et de plus d'un million par semaine. Ce serait là déjà une assez jolie aisance; mais nous sommes bien loin de compte: la totalité des capitaux accumulés entre les mains de ce ploutocrate extraordinaire s'élève approximativement à 5 milliards, représentant, au taux de 4%, un revenu de 200 millions! Aussi, sur l'échelle des grandes fortunes qu'un statisticien vulgarisateur se plut à dresser, M. John Rockefeller occupe-t-il le premier échelon supérieur, d'où il domine ses célèbres compatriotes, les Carnegie, les Astor, les Vanderbilt, les Pierpont-Morgan et d'autres seigneurs d'importance. Il n'est pas seulement le roi du pétrole, il est le roi des rois, l'empereur des milliardaires; bref, en jargon sportif, il détient le record de la richesse aux États-Unis et, de ce fait, il a droit au titre de «champion du monde».