La nouvelle loi militaire allemande qui comporte aussi une amélioration sensible de la mobilisation, une extension des moyens techniques (augmentation du nombre des compagnies de mitrailleuses et de la puissance des nouvelles formations d'artillerie), un perfectionnement de l'organisation générale de l'armée, et une amélioration du réseau ferré de la Prusse rhénane, questions qui mériteraient une plus longue étude, est incontestablement une oeuvre mûrement réfléchie, avec un but précis, un objectif nettement délimité. Elle nous intéresse au premier chef, nous avertissait charitablement la Gazette de l'Allemagne du Nord, le 23 mars; sans aucun doute, mais elle ne saurait nous intimider, car, en résumé, sur le champ de la bataille décisive (tableau ci-contre), la différence sera seulement de 24 bataillons, soit la valeur d'un corps d'armée. Nos forces de couverture peuvent suffire, avec leur entraînement incomparable. La rapidité de notre mobilisation égale celle d'outre-Rhin; la valeur de nos unités mobilisées avec leur complément de réservistes ne le céderait en rien à celle des bataillons allemands. Ce qui ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'il n'y aurait pas des améliorations notables h introduire dans notre organisme militaire, telles, notamment, que l'adoption définitive d'une artillerie lourde, et l'utilisation intensive des projecteurs, télégraphes, téléphones, automobiles, poids lourds, dirigeables, aéroplanes, de tous les moyens techniques que les ingénieurs mettent à notre disposition.
C. Le Dualis.

[(Agrandissement)]
SUR LA FRONTIÈRE.--Emplacement et composition des troupes
de couverture en France et en Allemagne.

Les voies nouvelles, indiquées sur la carte et qui seront achevées prochainement, ont pour objet de relier le Rhin à la frontière belge et au Luxembourg; d'après les Allemands eux-mêmes, elles pourraient assurer les transports de 6 à 7 corps d'armée.

Le campement des naufragés du Salazie, près du paquebot
échoué sur la pointe nord-est de l'îlot de corail Nosy Ankomba,
à 100 milles au sud de Diégo-Suarez.
--Phot. L. V.

UN CYCLONE A MADAGASCAR

La pointe nord de Madagascar vient d'être ravagée par un violent cyclone qui a causé, à Diego Suarez, notamment, de graves dégâts, presque ruiné cette active cité et jeté à la côte un des paquebots des Messageries Maritimes, le Salazie.

Un de nos confrères, fixé à Diégo-Suarez, M. Henri Cognié, nous adresse une description émouvante du phénomène, que suit un tableau lamentable des ruines qu'il a, en quelques heures, accumulées.

Ce fut le dimanche 24 novembre que se déchaîna le cyclone. Pendant la moitié de la nuit il fit rage. Les frêles baraques de bois et de tôle qui constituent là-bas la plupart des habitations furent, en un clin d'oeil, découvertes, renversées, broyées, comme paille. Les maisons même plus solidement construites, les bâtiments administratifs, ne furent pas épargnés non plus. Les habitants, blottis dans les abris les plus invraisemblables, passèrent d'effroyables heures, attendant d'un moment à l'autre la catastrophe suprême.