Quand, enfin, vers minuit, le vent diminuant de violence, les plus vaillants se hasardèrent, sous la pluie torrentielle, à sortir de leurs gîtes, quels désastres ne constatèrent-ils pas: pour la plupart, leur pauvre bien anéanti, la maisonnette péniblement édifiée, les meubles, tout perdu; c'était la ruine totale. Le jour levant éclaira les plus tragiques scènes.

L'hôtel de l'administration.

L'administration, en cette circonstance, usa de tous les moyens en son pouvoir pour mettre fin à cette situation critique.

Naturellement, le phénomène n'avait pas limité son action dévastatrice à la terre.

Le paquebot Salazie avait quitté Diégo-Suarez la veille de la catastrophe, se rendant à Tamatave. Il rencontra le cyclone à 100 milles en mer, dans le sud. Après avoir lutté pendant plusieurs heures, il fut jeté, dans la soirée du 24, vers 8 heures, sur l'îlot de corail Nosy Ankomba.

On eut à déplorer la mort d'un des lieutenants, mais les passagers purent être débarqués. Pendant trois jours, ils demeurèrent sous des tentes improvisées, dans une situation pénible, avec des vivres, mais fort peu d'eau. Le cyclone ayant détruit toutes les lignes télégraphiques, ce fut un indigène qui, à pied, apporta à Diégo-Suarez la nouvelle du naufrage. Immédiatement fut envoyé au secours de ces malheureux le cargo Eugène-Orossoz, de la Compagnie Havraise Péninsulaire, emmenant à son bord 20 marins de l'État sous le commandement de l'enseigne de vaisseau Le Voyer, de l'aviso transport Vaucluse. Il ramena les naufragés à Diégo-Suarez, beaucoup très éprouvés, tous dans le dénûment le plus complet. Quant au Salazie, il est perdu.

Après le passage du cyclone à Diégo-Suarez: la place de l'octroi.
--Photographies Moreau et Descarpentries.