On étonnerait beaucoup de personnes en leur parlant de tremblements de terre dans le bassin de Paris. Ces phénomènes sont pourtant assez fréquents. Depuis 1800, Paris a ressenti 14 secousses, Poitiers 6, Saumur 6, Dijon 7, Angers 7, Bourbonne-les-Bains 4, Plombières 5, Caen 5, le Havre 9. D'ailleurs, aucun de ces séismes ne fut grave; aucun n'affecta la cuvette du bassin de Paris dans son entier. Ces oscillations, appelées sans doute à se renouveler, paraissent en relation étroite avec la géologie de la région sur laquelle M. Paul Lemoine (Géologie du bassin de Paris, Hermann), nous offre une étude très fouillée qu'il a su rendre attrayante.

LA POLICE INTERNATIONALE

A CONSTANTINOPLE

Tandis qu'à Londres les délégués des coalisés balkaniques marchandent à la Turquie les derniers vestiges de son empire en Europe, l'ordre continue de régner à Constantinople. On avait pu redouter un instant qu'une dangereuse effervescence se produisît dans la grande ville cosmopolite. L'histoire nous rappelle, en effet, qu'à diverses époques la population musulmane y manifesta son mécontentement de la tournure des affaires de l'empire par des massacres, surtout de Grecs ou d'Arméniens. Aussi y eut-il une grosse alerte dans les quartiers chrétiens de Constantinople lorsque, le 17 novembre, on perçut les échos des canons de marine qui coopéraient à la défense des lignes de Tchataldja. Mais, déjà, d'accord avec les autorités ottomanes, toutes les dispositions avaient été prises par les commandants des escadres étrangères dans le Levant pour réprimer instantanément, s'il y avait eu lieu, la moindre tentative de désordre et de pillage. En fait, le soin de maintenir l'ordre à Constantinople a été confié à deux officiers généraux français qui disposent à l'heure actuelle des forces internationales de terre et de mer sur le Bosphore, et grâce auxquels se renouent ainsi les anciennes traditions de la France protectrice de la chrétienté dans le Levant.

Son ancienneté de grade a valu à l'amiral Dartige du Fournet la direction des opérations de débarquement et des mouvements de la flotte des puissances. Le général Baumann, qui, avec le titre d'inspecteur général, s'appliquait, avant la guerre, à perfectionner l'organisation de la gendarmerie ottomane et avait pu voir de près en Macédoine les exploits des comitadjis grecs ou bulgares pour lesquels il manifeste assez peu de tendresse, était tout désigné pour prendre la direction du service général de sécurité dans la capitale. Auparavant, lorsque les coalisés se furent emparés de Salonique, il avait réclamé énergiquement et obtenu qu'on lui rendît ses gendarmes non combattants qui, avec leurs officiers européens, se trouvaient alors dans la ville prise et ne pouvaient être traités en prisonniers de guerre. Ces forces de police renvoyées à Constantinople y sont en ce moment fort utiles pour assurer l'ordre à côté des 3.000 marins débarqués depuis le 18 novembre.

Le général Baumann.--Phot. Apollon. Le contre-amiral Dartige du Fournet.

Les deux officiers généraux français qui assurent l'ordre à
Constantinople et sur le Bosphore.

L.-P. Cailletet. Portrait par Jacques
Weissmann.
(Collection de l'Aéro-Club
de France.
)