Les régions les plus favorisées sont celles de la Méditerranée; le Bordelais et la vallée de la Loire comptent aussi parmi les mieux partagés. Quelques départements de l'Est sont à peu près les seuls à présenter un rendement inférieur à 1911. Quant à la récolte de l'Algérie, elle accuse également un notable déficit: elle a été en 1912 de 6.671.181 hectolitres, au lieu de 8.883.667 hectolitres en 1911.

A PROPOS DU RAYONNEMENT VITAL.

En 1908, quelques expérimentateurs eurent l'idée d'appliquer contre leur front ou leur épigastre une feuille de papier manuscrit ou imprimé posée elle-même sur la face émulsionnée d'une plaque photographique; ils obtinrent une reproduction plus ou moins complète, en positif ou en négatif, des caractères que portait la feuille de papier. Ils attribuèrent cette transcription au rayonnement d'un certain fluide vital émanant de l'organisme.

L'hypothèse rencontra d'autant plus de créance dans certains milieux que des expériences «amusantes» tendaient à la confirmer. Si l'on confiait des sachets renfermant une plaque et une feuille de papier convenablement disposées à diverses personnes qui les actionnaient dans des conditions différentes, on constatait au développement des résultats eux-mêmes très variés.

Dès cette époque, M. Guillaume de Fontenay montra qu'on obtenait des transcriptions semblables de caractères manuscrits en utilisant, comme source de chaleur, un bain-marie à 35° ou 40°, ce qui ruinait l'hypothèse d'un rayonnement vital nécessaire pour produire le phénomène.

Toutefois, M. de Fontenay n'avait pu obtenir la transcription de caractères imprimés. Ses nouvelles expériences, signalées à l'Académie des sciences par M. d'Arsonval, éclairent singulièrement la question.

Le phénomène paraît subordonné à un assez grand nombre de facteurs physiques et chimiques, parmi lesquels il faut citer d'abord la durée du contact et la température.

D'autre part, les encres à écrire et les encres typographiques agissent sur les plaques sensibles de façons différentes, suivant la composition chimique de ces encres, et aussi suivant l'état de division moléculaire qui leur est communiquée par le papier où on les a déposées. Certaines encres se transcrivent toujours en positif, d'autres se transcrivent toujours en négatif. Nombre d'encres typographiques sont à peu près inactives dans les circonstances ordinaires de l'expérimentation; un trait de plume peut se transcrire partiellement en négatif et partiellement en positif, selon que la plume, ici ou là, a déposé plus ou moins de liquide, ou selon qu'elle a plus ou moins égratigné l'encollage superficiel du papier et incorporé l'encre à la fibre même de la pâte. Si le métal de la plume est attaqué par l'encre, la transcription est modifiée; si l'on emploie des émulsions couchées sur celluloïd, on se heurte souvent à des phénomènes électriques.

Dans un autre ordre d'idées, il faut remarquer que la transpiration varie beaucoup d'un individu à l'autre. En outre, chez la même personne, au même instant, elle est en général acide au visage et au creux de l'aisselle, alcaline au pli de l'aine. Elle diffère énormément suivant la nourriture, l'état de maladie ou de santé. On doit donc se défier à l'extrême de toute observation faite au moyen de sachets actionnés par un organisme vivant: la transpiration joue alors un rôle dont il est difficile de déterminer le sens et l'ampleur.

M. de Fontenay conclut qu'il n'a pu déceler l'intervention d'aucun rayonnement nouveau et qu'il n'a jamais rencontré d'effet qui ne pût être attribué légitimement à une réaction chimique des corps mis en présence.