Il a fallu les événements de 1900 et les troubles de février dernier pour amener une telle fusion... apparente. Je m'attendais presque à entendre la musique jouer l'Internationale.
M. de Margerie, notre ministre plénipotentiaire en Chine, était venu de Pékin pour assister à cette belle réunion où les Français ont triomphé, non sans peine, de l'équipe anglaise, au tug of war.
En revanche, un soldat anglais du régiment de Somerset a brillamment gagné la course de 3 milles. La veille, un autre soldat anglais avait été vainqueur de la course de 42 kilomètres (dite course de Marathon) en 2 heures 50.
Un détachement de notre petit corps d'armée est chargé de la garde du consulat de France à Tien Tsin sous le commandement du lieutenant Dubreuil, en Chine depuis une dizaine d'années, parlant très bien le chinois et connaissant à fond les hommes et les choses de ce pays.
Le détachement qu'il commande est caserne près de notre consulat. J'ai visité les chambres, le salon de lecture, où de nombreux hors texte de L'Illustration couvrent les murs, la cuisine où l'on était en train de confectionner un savoureux et plantureux déjeuner dont voici le menu:
POISSONS FRITS
VIANDE FROIDE
SALADE DE HARICOTS
BOUDIN GRILLÉ
FROMAGE ET FRUITS
UN QUART DE VIN
THÉ A DISCRÉTION.
Dans un coin de la cour, le boy chinois de la compagnie avait la cruauté d'écosser des petits pois sous l'oeil hagard de quelques canards qui devaient, le lendemain, figurer au déjeuner en leur compagnie,
Fort à l'aise en un plat, honneur dont la volaille
Se serait passée aisément,
comme dit le bonhomme La Fontaine. Le voilà bien, le raffinement des Chinois en matière de, supplices!