NAUFRAGE D'UN PAQUEBOT
Le paquebot Saint-Augustin, de la Compagnie Transatlantique, qui avait quitté Marseille le mardi 31 décembre, à destination de Bône, a fait naufrage le lendemain par suite d'une voie d'eau à 40 milles du port d'arrivée.
Ce fut vers 2 heures de l'après-midi que se produisit, l'accident. Un rapport des passagers affirme que la voie, d'eau fut déterminée par la rupture de rivets, détachés d'une tôle usée. Le rapport du capitaine, d'accord, dit-il, avec «les principaux de l'équipage», affirme qu'elle ne put se produire qu'à la suite d'un heurt contre «une épave entre deux eaux». Toujours est-il qu'on ne put l'aveugler.
Quand il fut bien constaté que tous les efforts pour maintenir à flot le navire étaient vains, c'est-à-dire vers 10 h. 1/2 du soir, on se préoccupa de sauver les passagers en mettant à la mer les embarcations. A 4 h. 1/2 du matin, le bateau en perdition était complètement abandonné. Enfin, à midi, tous les naufragés étaient recueillis à bord du paquebot anglais Tyria.
Ce vapeur prit également à la remorque l'épave du Saint-Augustin. L'eau, à ce moment, avait envahi tout l'arrière. Son niveau dépassait les hublots d'arrière, l'avant s'élevant graduellement hors de l'eau. Le Tyria ne put amener son sauvetage jusqu'au port: à minuit, dans la nuit du 2 au 3 janvier, le Saint-Augustin se dressait à pic et disparaissait dans l'abîme.
Les passagers et l'équipage, dans les embarcations de
sauvetage autour du paquebot qui sombra par l'arrière.
LE NAUFRAGE DU «SAINT-AUGUSTIN» EN MÉDITERRANÉE.
--Photographies de M. R. Tourasse.
LA DÉLIVRANCE DE LA COLONNE MASSOUTIER
(Voir les gravures aux pages 36 et 37.)
Nous avons mentionné (numéro du 28 décembre) le siège héroïquement soutenu, dans la casbah de Dar el Kadi, par le commandant Massoutier et une poignée de braves, contre une force ennemie qu'on a évaluée à 5.000 hommes.