Le soir, au théâtre Constanzi, eut lieu une grande représentation de gala à laquelle les souverains assistèrent.

La journée du 19 janvier peut être considérée comme le digne couronnement de la guerre italo-turque et de la conquête de la Tripolitaine.

Il faut noter l'amabilité avec laquelle la presse étrangère a été admise à participer à la fête. On a voulu lui faire oublier les rigueurs de la censure qui, pendant l'année de guerre, fut inexorable, et on y a pleinement réussi.
Robert Vaucher.

MM. de Giers. de Wangenheim. Garoni. Bompard. Pallavicini. Gérard Lowther.
(Russie). (Allemagne). (Italie). (France). (Autriche-Hongrie). (Angleterre).
Les ambassadeurs sortent de la Sublime-Porte, après avoir remis la note des puissances.
Phot. du Dr Renzo Larco, envoyé spécial du Corriere della Sera.

LES GRANDES PUISSANCES

ET LA TURQUIE

La note collective des grandes puissances qui, ainsi que nous l'avons indiqué la semaine dernière, conseillait à la Turquie de céder Andrinople et d'abandonner à l'Europe la solution de la question des îles, a été remise à la Porte par les ambassadeurs le jour même où paraissait notre précédent numéro. Les représentants des six grandes puissances s'étaient donné rendez-vous, le 17 janvier, à 3 heures, à la Sublime-Porte où le marquis Pallavicini, ambassadeur d'Autriche-Hongrie et doyen du corps diplomatique, a pris seul la parole: «Au nom de nos gouvernements, a-t-il dit au ministre des Affaires étrangères ottoman, nous avons l'honneur de vous remettre la présente note à laquelle nous vous prions de répondre le plus tôt possible.»--«Le gouvernement impérial répondra dans le plus bref délai», dit Noradounghian Gabriel effendi, en recevant le document.

L'entrevue, très courtoise, ne dura que quelques minutes et les ambassadeurs se retirèrent, tandis qu'un de nos confrères italiens, le docteur Renzo Larco, correspondant du Corriere della Sera, réussissait à prendre un cliché du groupe sortant de la, Sublime-Porte.

L'impression générale, sur le moment, était que l'on se heurterait, du côté du gouvernement turc, à une résistance traduite par un refus poli de céder Andrinople. Mais ces derniers jours, après la démarche collective, il semble bien que de nouvelles instances individuelles et pressantes dis plusieurs des ambassadeurs ont fortement influencé les ministres ottomans, qui sont maintenant résignés aux suprêmes sacrifices, le haut conseil de dignitaires et de fonctionnaires convoqué par le gouvernement s'étant prononcé, comme on le prévoyait, en faveur de la paix.