Devant le monument de Buzenval: le maire de Rueil
embrassant l'ancienne cantinière du 11e bataillon
de marche, Mme Dietenbek, après lui avoir remis
la médaille de 1870.
Il est à noter--curieuse coïncidence--que c'est la petite-fille d'un ancien soldat français de Washington qui devient la première femme député d'Amérique dans l'État précisément qui a reçu le nom du libérateur de la grande république américaine.
L'ANNIVERSAIRE DE BUZENVAL
L'anniversaire de la bataille de Buzenval a été célébré, dimanche dernier, 19 janvier, suivant la bonne tradition patriotique. Tandis que, à Garches, les autorités et les habitants de la commune se rendaient, en pieux pèlerinage, au cimetière où reposent les soldats morts pour la patrie, le maire et la municipalité de Rueil, toutes les sociétés locales, les jeunes gens de la classe 1912, s'étaient réunis pour venir déposer des couronnes sur le monument commémoratif du glorieux combat. Après les discours, le maire de Rueil, M. Leblond, remit la médaille de la guerre à une vaillante femme, Mme Dietenbek, qui, engagée volontaire en 1870, servit comme cantinière au 11e bataillon de marche et fut blessée à Buzenval. Mme Dietenbek avait revêtu, pour la circonstance, son uniforme d'antan, si seyant, si gai. Sur la tunique bleue, M. Leblond épingla le ruban; puis, martialement, il lui donna l'accolade.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
Les vivres et les munitions de l'armée bulgare.
On a dit, avec raison, que les victoires des alliés balkaniques peuvent être attribuées, dans une large mesure, à l'excellente organisation du service de ravitaillement. Il semble notamment que les Bulgares ont eu à résoudre, sous ce rapport, des problèmes que nombre d'états-majors européens eussent considérés comme presque insolubles.
Notre collaborateur, M. de Pennenrun, doit nous conter bientôt la façon remarquable dont fonctionnèrent les chemins de fer bulgares. Mais, comme le fait remarquer, dans la Revue, générale des sciences, le commandant Lemarc, l'armée de la Maritza ne put utiliser que peu de temps la voie ferrée Sofia--Philippopoli--Mustapha-Pacha. Au bout, de quelques jours, elle se trouva à 90, 100, 150 kilomètres de la ligne.
Comment cette armée put-elle se ravitailler rapidement dans de telles conditions? Les données sérieuses manquent encore pour l'expliquer. Le commandant Lemarc nous indique du moins les facilités que put rencontrer l'état-major et les difficultés qu'il eut à résoudre.
A l'entrée en campagne, l'armée de la Maritza comptait 8 divisions formant un total de 225.000 hommes, soit à peu près la valeur de cinq corps d'armée français. Le haut commandement avait, pour assurer la nourriture du soldat, des ressources de divers ordres: les vivres du pays, les vivres portés par les hommes, ceux transportés par des voitures suivant les troupes, et ceux envoyés de l'arrière.