DEUX NOUVELLES VICTIMES DE L'AVIATION.

L'odyssée des frères Nieuport comptera, sans doute, parmi les plus tragiques et les plus glorieuses dans l'histoire de l'aviation.

Charles Nieuport qui vient de se tuer
en aéroplane avec son mécanicien.

En septembre 1911, la fin des grandes manoeuvres du 6° corps fut attristée par la chute mortelle d'Edouard Nieuport qui accomplissait, comme sapeur réserviste, une période d'instruction durant laquelle il avait fait apprécier, autant que son habileté de pilote, la valeur du monoplan souple et léger construit sous sa direction. Il y a quelques jours, Charles Nieuport, frère cadet d'Edouard, s'est tué à Etampes, avec son mécanicien, en essayant un appareil devant la commission militaire chargée de le recevoir.

A la suite d'un atterrissage un peu dur, on fit remarquer au pilote qu'une pédale de gauchissement paraissait légèrement faussée. Charles Nieuport jugea inutile de la réparer, et il s'envola de nouveau. Il avait atteint une hauteur d'environ 300 mètres, quand, après avoir cessé d'entendre le bruit du moteur, on vit l'appareil descendre en vol plané, puis subitement glisser sur une aile et tomber avec une rapidité telle que le moteur s'enfonça de près d'un mètre dans le sol. Le malheureux pilote et son mécanicien, René Guyot, qu'il avait emmené comme passager, furent relevés horriblement broyés, ne donnant plus le moindre signe de vie.

Fils du colonel de Nieuport, dont il portait le nom légèrement modifié, Charles Nieuport était né à Lagny en 187 8. Chose curieuse, les succès de son frère ne lui donnèrent point le désir de voler. C'est seulement après la mort d'Edouard qu'il commença son apprentissage, et il obtint son brevet de pilote en février 1912. Poussé par un sentiment touchant de piété fraternelle, il voulait conquérir la croix de la Légion d'honneur pour la déposer sur la tombe du grand frère, en remplacement de celle qui fut reprise presque aussitôt que donnée, les règles de l'Ordre ne permettant pas de décorer un mort.

DEUX GRANDS SEIGNEURS ARABES A PARIS.

Deux grands seigneurs arabes, l'un fils, l'autre petit-fils de l'émir Abd el Kader, étaient, ces jours derniers, de passage à Paris où ils ont visité le président du Conseil des ministres, M. Aristide Briand, et diverses notabilités politiques.