Le peintre Édouard Debat-Ponsan est mort la semaine dernière à l'âge de soixante-cinq ans.
Il était né à Toulouse, où son père était professeur de musique. La guerre de 1870-1871 avait, dès le début, interrompu ses études artistiques. Engagé comme franc-tireur, il avait fait campagne sous Bourbaki, puis, prisonnier, s'était échappé pour venir reprendre un fusil à l'armée de la Loire.
En 1873, il quittait, avec un second prix de Rome, l'École des beaux-arts, où il avait été le disciple attentif de Cabanel.
M. Debat-Ponsan.
--Phot. Braun-Clément.
Il se tournait plus particulièrement vers la peinture d'histoire. Une bourse de voyage qu'il se vit décerner par l'Institut, en 1877, lui permit de parcourir à fond l'Italie, terre des auteurs classiques. De cette première période de sa carrière datent la Fille de Jephté, le Saint Paul devant l'aréopage, le Matin de la Saint-Barthélémy.
Puis des scènes de la vie rustique, se déroulant dans les larges paysages, le tentèrent; des toiles où il se montra excellent peintre de plein air, et digne émule de Bastien Lepage.
Entre temps, plusieurs effigies remarquables, qui séduisirent par leur ressemblance, leur vérité, le classèrent comme portraitiste très couru. C'est ainsi qu'il fixa les traits de M. et Mme Constans, de MM. Paul de Gassagnac, Georges Leygues, Pouyer-Quertier, Camescasse, Pedro Gaillard,--du général Boulanger, enfin, alors dans toute sa popularité. Ce dernier portrait eut même une histoire, d'ailleurs brève: le peintre souhaitait de le voir figurer à l'Exposition de 1889. Les qualités intrinsèques de l'oeuvre la rendait digne de cet honneur. Mais le gouvernement d'alors s'émut; il redouta des manifestations: M. Debat-Ponsan, parfait honnête homme et qui avait d'ailleurs assez de talent pour dédaigner comme moyen de succès les démonstrations bruyantes, se rendit aux raisons que lui donna le ministre et retira spontanément sa toile.