Depuis, on n'avait rien su de l'affaire à Séville, jusqu'à l'arrivée, en vertu d'un mandat judiciaire, de M. Henri Lagatu, professeur de chimie à l'École nationale d'Agriculture de Montpellier, commissionné comme expert agronome pour l'analyse des terrains. Il y séjourna, il y a un mois, plus de vingt jours, en compagnie de M. Louis Bertrand, agent du consulat français.

Les résultats des investigations de M. Lagatu appartiennent encore au secret de l'instruction; mais nous croyons savoir que, d'accord avec les autres personnalités compétentes, il admet la possibilité de l'assèchement et de l'exploitation agricole des «marismas» à force de temps et d'argent. Seulement, quelles qu'en soient les difficultés matérielles, l'entreprise ne serait possible que si les concessionnaires étaient ou devenaient vraiment les possesseurs du terrain. Tel n'était point précisément le cas.

Il semble en outre singulier que, tandis que les décrets de concessions se succédaient, la Direction des Travaux publics de la province de Séville déclare ne posséder aucun dossier à ce sujet. Mais c'est à l'instruction qu'il appartient d'élucider toutes ces anomalies et le rôle des diverses personnalités impliquées dans cette affaire, qui vient de motiver la démission de l'ambassadeur d'Espagne à Paris, M. Pérez Caballero.
J. C.

Déjeuner à la pagode du Nuage de Jade vert
(Pi Yunn Sseu): à gauche, vêtu de bleu, le bonze de la pagode.

UN MOIS A PÉKIN

IV.--EN EXCURSION: LA «PAGODE DU NUAGE DE JADE VERT»

Les buts d'excursions aux environs de Pékin sont nombreux et intéressants. Je ne vous parlerai pas de celle au tombeau des Ming et à la grande muraille, qui est classique; je n'ai pas pu la faire, empêché que j'étais par tous mes rendez-vous. Mais nous en avons fait une, délicieuse, au temple de Pi Yunn Sseu (Pagode du Nuage de Jade vert) près du Parc de Chasse, en compagnie de l'aimable M. Bouillard, qui s'était chargé de l'organisation et du ravitaillement.

Partis de Pékin en auto vers 2 heures, nous sommes arrivés trois quarts d'heure après devant le Palais d'Été où nous avons trouvé des ânes et des chevaux qui nous ont amenés, vers 5 h. 1/2, au Temple, situé au pied des premières collines de l'Est.

Là, dans un décor saisissant, se dresse le plus admirable monument qu'on puisse imaginer. C'est, dans un amphithéâtre naturel d'une grande allure, une succession de portiques, de ponts, de cours, de terrasses, d'escaliers, de pagodes, de pavillons qui escaladent la pente, assez forte, de la colline et conduisent au sommet d'une tour bouddhique, sorte d'autel grandiose, érigeant ses pylônes à multiples étages et ses bas-reliefs de pur art hindou dans un ciel resplendissant. Des polychromies peintes aux portiques en bois, on passe aux arcs de triomphe en céramique, puis on arrive peu à peu aux marbres hâlés et imprégnés de soleil, patines à plaisir et ciselés comme des orfèvreries... C'est une merveille.