Les rizières de la banlieue de Pékin, vues de la Fontaine de Jade.

Au dehors, les clochettes pendues aux corniches retroussées se mirent à linter discrètement dans la nuit au gré des bouffées de brise, et je m'endormis du sommeil du juste.

Le lendemain, promenade au Parc de Chasse et visite des ruines d'une lamaserie thibétaine, autre fantaisie de Tien Long. Il faudrait la plume évocatrice de Loti pour vous dire le charme et la grandeur de ces lieux, l'étrangeté des grands pins blancs aux troncs tourmentés, qu'on croirait enduits d'une couche d'argent, et au feuillage en bronze patiné.

Il y a des arbres partout, dans ces temples; ils ont l'air de faire partie de l'architecture. Les beaux artistes qui créèrent ces merveilles ont certainement tenu compte de leur présence lorsqu'ils combinèrent leurs plans, et ils ont bâti en les respectant et en les utilisant comme accessoires décoratifs. Certains d'entre eux, plusieurs fois centenaires, sont d'une forme et d'une couleur inimaginables.

En vérité, je vous le dis, la Chine est un admirable pays.

A la suite d'un déjeuner finement arrosé, nous fîmes nos adieux au bonze qui était venu, sans façon, boire avec nous le petit verre de cognac de l'amitié et fumer la cigarette de paix. Il va sans dire que le pourboire traditionnel ne fut pas oublié. De nouveau, sur nos ânes ou nos chevaux, nous suivîmes la route aux dalles disjointes et usées, nous éloignant à regret de cette émouvante oeuvre d'art.

Sur le chemin du retour se trouve, près du Palais d'Été, une autre belle chose --la Fontaine de Jade--qui mériterait toute une littérature. De là on découvre l'immense Pékin dans toute sa plate étendue, avec, au premier plan, en avant du Palais d'Été, une succession de rizières inondées dont les digues forment comme un réseau de cloisonné.

Entrée de l'ancien Ouaï Ou Pou (ministère des Affaires étrangères).