(1) Le Delphin a pris une part active aux opérations; il appuyait les contre-torpilleurs qui tenaient, devant Tenedos, le blocus de l'entrée des Dardanelles.
Une division auxiliaire comprenant: 3 transports de charbon, un de munitions, un navire-hôpital, un navire porte-mines, 2 navires-citernes.
Une division de paquebots armés en guerre, composée de: 2 paquebots de 1.000 tonneaux et 15 noeuds, 2 de 9.000 tonneaux et 19 noeuds, un de 9.000 tonneaux et 21 noeuds.
60 paquebots grecs réquisitionnés pour les transports de troupes.
Gardons-nous d'oublier, dans cette énumération des forces navales balkaniques, la petite flottille des 6 torpilleurs bulgares, qui a brillamment fait parler d'elle comme nous le verrons plus loin. Cet embryon de marine est l'oeuvre du tsar Ferdinand qui en a confié la réalisation, il y a une dizaine d'années, à un officier de la marine française, M. Pichon.
LES HOSTILITÉS DANS LA MER NOIRE
La première opération navale fut à l'actif de la flotte turque. Le 19 octobre et les jours suivants, elle se livra sur les ports bulgares de Varna et de Kavarna (mer Noire) à un bombardement qui ne paraît avoir produit aucun effet, sérieux.
Pour en terminer avec ce qui s'est passé dans la mer Noire, nous noterons de suite le brillant fait d'armes accompli dans la nuit du 21 au 22 décembre par 4 petits torpilleurs bulgares, au large de Varna. Partis à la découverte, ils tombent sur le croiseur turc Hamidieh qui paraît garder l'aile droite de la division placée en surveillance à l'aboutissement sur la mer Noire des lignes de Tchataldja. Deux contre-torpilleurs avaient été donnés au Hamidieh pour se garder. Mais, de crainte de méprise, le commandant du croiseur turc leur avait enjoint de s'écarter de lut pendant la nuit. En cas de rencontre inopinée on avait convenu d'un signal de reconnaissance. A un feu vert montré par le Hamidieh les contre-torpilleurs devaient répondre par un feu rouge, moyennant quoi ils pourraient se rapprocher de leur chef sans crainte d'en être mal reçus.
Les contre torpilleurs turcs disparus, ce sont les torpilleurs bulgares qui se montrent. Du pont du Hamidieh on les a découverts, on fait le signal convenu, un feu vert est allumé. Les Bulgares, à tout hasard, répondent par un feu également vert... Ceci suffit pour créer une terrible perplexité à bord du croiseur ottoman. Faut-il tirer? Et si ce sont les contre-torpilleurs amis qui ont commis une erreur?
Bref, on tergiverse, et, pendant ce temps, les braves petits Bulgares foncent sur l'ennemi, décochent leurs torpilles. L'un d'eux s'est approché à 50 mètres Sa torpille seule a atteint le but. Elle touche le Hamidieh à l'avant, éclate et produit une brèche énorme de 4 mètres sur 5, le pont cuirassé est rabattu sur lui-même, la coque défoncée des deux bords, 10 hommes sont tués ou blessés.