LE BOMBARDEMENT D'ANDRINOPLE.
--Le gros canon de siège de la batterie Athanassof qui, le premier, a rouvert le feu contre la ville, après la rupture de l'armistice.
--Phot. G. Woltz.
C'est contre Andrinople, si énergiquement défendue par ce héros: Chukri pacha, que, depuis la reprise des hostilités, s'est porté le plus rude effort bulgare. Les assiégeants avaient profité de l'armistice pour accroître la force défensive de leurs tranchées et disposer à loisir leur matériel de bombardement. Notre photographie, prise aux derniers instants de l'armistice, montre le plus gros canon du siège, appartenant à la batterie du capitaine Athanassof, qui a reçu l'ordre de tirer le premier sur la ville, ce qui fut fait dès l'expiration des délais prévus pour la rupture effective de l'armistice.
Les Turcs, nous écrit-on des lignes assiégeantes, ont jeté une quantité de projectiles dans la direction de cette redoutable batterie sans la découvrir et sans l'atteindre. Le feu, des deux côtés, a été des plus violents pendant plusieurs jours sans aboutir néanmoins à d'autres résultats, semble-t-il, que d'affoler, dans la vaillante ville, la population non combattante au milieu de laquelle éclataient les obus. Cette situation, d'ailleurs, a provoqué une particulière émotion en Europe où l'on s'est ému du sort des neutres, et la France a pris l'initiative d'intervenir énergiquement en leur faveur à Constantinople et à Sofia. Après beaucoup d'hésitation, les autorités militaires bulgares ont accepté de laisser sortir de la ville les colonies étrangères. Mais le gouverne ment turc, tout en acceptant de veiller au salut des neutres, s'est opposé à ce que ces derniers se rendissent dans les lignes bulgares et a proposé de fixer une zone où les étrangers pourront être protégés contre le bombardement. Il est d'ailleurs permis d'espérer que les tentatives actuellement faites pour trouver une nouvelle base de négociations pacifiques ne tarderont pas à aboutir.
I.--Les effectifs mobilisables
L'ÉQUILIBRE DES ARMEMENTS
LE NOUVEL EFFORT MILITAIRE DE L'ALLEMAGNE
Dans son numéro du 4 janvier dernier, l'Illustration a donné un état comparatif des armées française et allemande tel qu'il résultait, pour l'Allemagne de la loi du 14 juin dernier, pour la France, de la récente loi des cadres.
En 1912, en effet, l'Allemagne avait cru devoir augmenter considérablement son armée, en même temps que la France préparait sa loi des cadres. Et voiei que, tout à coup, des accroissements supplémentaires viennent d'être annoncés en Allemagne. Sans que ce nouvel effort puisse être nécessairement considéré comme une menacé plus ou moins immédiate pour le repos de l'Europe, une réplique, des sacrifices parallèles s'imposent néanmoins en France, car la paix entre deux grands pays très voisins dépend avant tout de l'équilibre des armements.
L'état-major d'outre-Rhin s'était proposé de constituer en octobre 1912 une grande partie des accroissements prévus, les autres mesures devant être parachevées en 1915; mais à peine sa réalisation était-elle entamée que la loi militaire de juin dernier a été trouvée insuffisante. Bien que les sacrifices, pour un budget déjà difficile, s'annoncent comme très lourds, 150 millions de marks de plus par an, nul doute que ce nouveau projet ne soit accepté avec autant d'unanimité, que le précédent. Les détails n'en sont pas encore connus; mais la presse officieuse s'est chargée de nous en divulguer les principes essentiels. L'effectif de paix serait accru d'environ 100.000 nommes et l'on songerait à porter de 25 à 27 le nombre des corps d'armée.