Rosa Sarto.--Phot. J. Felici.
UN DEUIL AU VATICAN
L'aînée des soeurs du pape, Mme Rosa Sarto, vient de mourir, âgée de soixante-douze ans, dans le modeste appartement qu'elle occupait, avec deux autres soeurs et une nièce, non loin du Vatican. Depuis qu'une attaque de paralysie la tenait immobilisée chez elle, Pie X n'avait pu la revoir: en apprenant la douloureuse nouvelle, il a éprouvé un chagrin profond.
Une grande et mutuelle affection unissait, en effet, le frère et la soeur. Ils avaient vécu ensemble depuis 1858 jusqu'en 1873, tandis qu'il remplissait les premières dignités ecclésiastiques. Après un long séjour dans son village natal, à Riese, elle était revenue près de lui, en 1894, quand il fut fait cardinal et patriarche de Venise. Enfin, après l'élévation de son frère au pontificat, elle s'était transportée à Rome, et, depuis presque dix ans, elle continuait à le voir plusieurs fois par semaine.
Mme Rosa Sarto était une femme d'une bonté exemplaire, d'une haute vertu. Suivant le désir exprimé par Pie X, ses obsèques ont été célébrées dans une stricte simplicité.
LE DRAME
DE L'EXPÉDITION SCOTT
De nouvelles dépêches de Nouvelle-Zélande permettent de compléter sur plusieurs points la relation du drame final de l'expédition polaire de Scott, que nous avons publiée dans le numéro précédent.
Bien avant de parvenir au but, les explorateurs anglais surent qu'Amundsen les avait devancés et qu'ils n'avaient plus à lutter que pour soutenir l'honneur du pavillon. Dès le 88° de latitude, soit à 220 kilomètres du Pôle, ils rencontrèrent, en effet, les traces de la caravane norvégienne, et, à partir de là, les suivirent jusqu'à la tente qu'elle avait laissée au Pôle même comme témoignage de sa victoire, et à laquelle elle avait donné le nom caractéristique de Polheim (maison du Pôle).