Le public du quartier Montparnasse.

C'est un rapprochement plaisant et imprévu que celui de ces deux noms «Molière à Bobino», inscrits, depuis une semaine, au-dessous de l'image de notre grand comique sur le programme d'un petit théâtre du quartier Montparnasse... Déjà les Parisiens avaient pu entendre à l'Odéon des artistes de café-concert dans la comédie classique. Et voici qu'aujourd'hui Molière, par une heureuse fortune, trouve, en un music-hall populaire, coutumier d'autres spectacles, des acteurs excellents, tout à la fois fantaisistes et respectueux d'une oeuvre immortelle,--et un public, un bon public, qui s'amuse, et rit, et tout de suite, dès les premières répliques, se sent à l'aise! L'aventure est charmante et de bon exemple.


Toinette: Mlle Lolita.

Louison: Mlle Renée Pré.

Tandis que, après, une copieuse partie de café-concert, on représente le Malade imaginaire, la physionomie de la salle apparaît telle qu'à l'habitude: de braves gens, des ouvriers, venus en famille, avec leurs femmes et leurs enfants, garnissent l'orchestre, l'amphithéâtre. Et c'est plaisir que de voir leurs faces réjouies, aux endroits où Molière a prodigué sa verve comique. Les interprètes ont leur grande part des applaudissements. Tous, ils appartiennent à la troupe ordinaire de Bobino, que dirige avec succès M. Montpreux, particulièrement bien avisé en la circonstance, et ils jouent gaîment, sans charge excessive, des rôles nouveaux pour eux: ainsi M. Émile Rhein, «chanteur typique», se montre en Argan; M. Albret, «excentrique fantaisiste», en Purgon; M. Sarvey, «ténorino bouffe», en docteur Diafoirus; M. Marius Reybas et M. Maintgert, «chanteurs de genre», en Cléante et en Béralde; Mlle Berthe Delny, «diseuse à voix», en Beline, et Mlle Rosaberth, «diseuse de genre», en Angélique.

M. Fleurant et M. Purgon: MM. Avenière et Albret. Argan: M. Émile Rhein. Le docteur Diafoirus et son fils: MM. Sarvey et Charlay.

«LE MALADE IMAGINAIRE» AU CAFÉ-CONCERT. --Les interprètes de Molière à Bobino.

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