On soigne un blessé.
Le costume, copié sur celui des Boy-Scouts anglais, est, ainsi qu'on le voit par les photographies ci-jointes, celui des cow-boys popularisés par les récits d'aventures américaines. Outre qu'il est très coquet et sied admirablement aux adolescents, il est de nature à plaire à leur jeune imagination romanesque. Chaque section, ou plutôt chaque patrouille, se signale par la nuance du foulard qui entoure le col.
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Chacune de ces patrouilles s'exerce séparément à peu près tous les dimanches, sous la direction de son instructeur. Cette dernière réunion, qui groupait toutes les équipes parisiennes, était, depuis un an que l'association existe, la première sortie générale de service en campagne. Nous avons pu y voir les exercices les plus variés et en admirer la parfaite exécution. Tandis que les uns installaient le télégraphe et le téléphone de campagne, d'autres creusaient des tranchées, construisaient un pont ou faisaient très habilement, très prestement, le service d'ambulance et de brancardiers. On nous montrait encore le maniement d'une voiture démontable construite par les «Éclaireurs» eux-mêmes. Enfin, de tous côtés, sur des installations de fortune, de jeunes marmitons, très convaincus, cuisinaient le prochain déjeuner.
Le clou a été une manoeuvre exécutée par toutes les équipes réunies. A un signal, toutes les patrouilles ont disparu dans les bois, puis les «Éclaireurs» sont revenus en rampant, courant dans les espaces découverts, profitant des moindres accidents de terrain pour se cacher et avancer; finalement, tous se sont élancés à l'assaut de la hauteur où nous les attendions.
COMMENT ON FAIT DES SOLDATS
Les Éclaireurs parisiens manoeuvrant dans les bois de Clamart:
la construction d'un pont.--Phot. Gimpel.
L'amiral Besson a ensuite passé la revue et, le cercle ayant été formé, de vibrants discours prononcés par l'amiral, par le commandant Nogué et M. André Chéradame ont clos, pour les invités du moins, la petite fête.
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Ce simple récit ne peut rendre l'excellente impression que nous avons rapportée de ce spectacle de grand air. Nous en sommes revenus avec cette conviction que la formule du «scoutisme» est la meilleure qui se puisse trouver pour l'éducation physique et morale de la jeunesse. Il suffira de citer le cas de la section de Saint-Denis, présente à la belle réunion de dimanche. Les enfants qui la composent sont des fils d'ouvriers des usines, milieu assez difficile, comme on sait, et hostile à toutes les parades militaristes. L'instructeur nous racontait que, pour obtenir l'approbation des parents, il avait surtout dressé sa petite troupe à la manoeuvre des ambulanciers et brancardiers qu'elle pratique du reste fort bien. Les résultats moraux ont été encore plus surprenants et les parents en ont été très impressionnés. Ils ont écrit à l'instructeur des lettres qui, en termes d'une simplicité émouvante, exprimaient leur satisfaction et leur surprise. Le leit-motiv de toutes ces missives était: «Notre petit gars a beaucoup changé, il n'est plus le même.» Et les braves gens disaient combien ils en étaient heureux.