Au bord de la mer, comme à Tien Tsin ou à Pékin, les distractions mondaines tiennent une large place dans l'existence de la population européenne.
Pékin sportif: le tennis à l'«International Club».
Les visites, les thés, les dîners, les réceptions, le cheval, l'escrime, le tennis, le bridge, les courses et les réunions sportives, sans oublier la chasse et les excursions, sévissent, dans toute l'étendue de l'extraordinaire garnison internationale, avec autant d'intensité et d'entrain que dans nos villes d'eaux les plus fréquentées. Il ne manque ici que le théâtre,--cela pour ceux dont le théâtre est la grande distraction.
Pour ma part, je ne me suis jamais tant habillé, et vous savez si c'est mon genre! Mais je compte cette sujétion au nombre des inconvénients du voyage, avec la poussière, la nourriture d'hôtel et le change des monnaies.
Je n'ai pu, faute de temps, me mettre en relations avec tous les Français de Pékin, et je le regrette vivement, ceux que j'ai pu connaître m'ayant fait bien augurer des autres et m'en ayant dit beaucoup de bien. Je vous citerai pourtant les noms de MM. Cazenave, ancien ministre plénipotentiaire, directeur de la Banque de l'Indo-Chine, Piry, directeur, et Roux-Lacordaire, sous-directeur des postes chinoises, Millorat, directeur du chemin de fer du Chan Si, Delon, de la poste française, vieux Parisien, quoique méridional, de Rotrou, inspecteur du Chemin de fer Pékin-Hankeou, Redelsperger, etc.
Je m'en voudrais d'oublier dans cette rapide énumération deux jeunes gens de passage ici, deux Français de la bonne espèce, comme on aime à en rencontrer en pays étrangers où ils sont de vivants et sains échantillons de notre race bien portante de corps et d'esprit.
L'un, M. F. Bernot, agrégé de l'Université, est titulaire d'une bourse de voyage qui lui permet de faire, en deux ans, le tour du monde à son gré, à sa fantaisie, sans obligations, sans programme si ce n'est celui-ci: «Regarde, compare, instruis-toi.» Voilà qui est autrement compris que notre prix de Rome, si suranné. M. Bernot est arrivé à Pékin quelque temps avant les troubles de février dernier. Il a assisté à quelques nuits tragiques, à des journées mouvementées, ce qui ne l'a pas empêché d'être, comme tant d'autres, séduit par ce pays, et il y est encore.
L'autre, M. L. Aurousseau, est lauréat de l'École des Langues orientales et pensionnaire de l'École française d'Extrême-Orient à Hanoï. Il est chargé de rechercher, en Chine, pour la bibliothèque de ce dernier établissement, des ouvrages et des manuscrits, des éditions rares, des textes anciens. C'est un digne émule de Pelliot: il en a la science, l'ardeur et le courage: le succès viendra.